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L'installation artistique L'étourdisseur de Philippe Allard, Maison du développement durable

Dates de l'événement: 
9 Janvier, 2014 - 10:30 - 8 Mars, 2014 - 18:00

La Maison du développement durable accueille, depuis le 9 janvier et jusqu'au 8 mars 2014, l’installation artistique L’étourdisseur de Philippe Allard, une métaphore du 7e continent, cette immense et dense agglomération de particules de plastique qui flotte dans l’océan Pacifique Nord.

Ce contenant de soupe flottante représente un véritable geste de récupération : l’artiste a récolté et expose les déchets, des boudins de plastique issus de caisses de lait, tirés d’une de ses propres installations, La Rosace, produite pour le 31e Symposium international de Baie-Saint-Paul à l’été 2013.

Lieu :

Maison du développement durable
2e étage, face au mur végétal
50, rue Sainte-Catherine Ouest

À propos de Philippe Allard

Bachelier en design graphique de l’UQAM, Philippe Allard trace un parcours de création en sculptures et installations de grande dimension. Sa méthode de récupération produit une œuvre hors d’échelle volontairement constituée de produits de consommation de masse. Depuis une dizaine d’années, il a fait parti de plusieurs expositions à Montréal et en Europe, ayant à cœur les interventions in situ. Il a réalisé plusieurs commandes d’œuvres publiques et privées. Il a été lauréat, avec l’architecte Justin Duchesneau, du concours d’art éphémère de la Place des Arts en 2009 avec l’installation Arc-en-ciel. Il vient de réaliser sa première œuvre d’intégration à l’architecture au parc de Lausanne à Laval. Il sera à la biennale de Marrakech en mars 2014.

À propos du 7e continent

La formation du 7e continent n’est pas nouvelle, mais on s’y intéresse depuis peu. Selon des chiffres confirmés par Greenpeace, on dénombre dans cette région du Pacifique 3,3 millions de déchets de toute taille pour un kilomètre carré d’océan. La masse totale de ce continent est estimée à 3,5 millions de tonnes, en majorité du plastique. Selon des calculs de l’Algalita Marine Research Foundation (AMRF), une organisation écologiste de la côte ouest des États-Unis, la superficie de cette plaque de détritus a triplé entre 1997 et aujourd’hui, et pourrait encore être multipliée par dix d’ici 2030.

Selon les experts, les dommages causés à la vie marine pourraient s’avérer irréparables. En effet, les plastiques ne sont pas biodégradables (leur durée de vie moyenne dépasse les cinq cents ans), et, au fil du temps, ils ne font que se désagréger en morceaux de plus en plus petits sans que leur structure moléculaire se modifie. Cela crée l’apparition de quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture. Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent dans les estomacs des poissons et oiseaux marins, qui finissent par mourir de malnutrition. Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphényltrichloréthane, un pesticide) ou les PCB (polychlorobiphényles), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s’étendre à travers la chaîne alimentaire etéventuellement toucher l’homme. Greenpeace a recensé au moins 267 espèces marines gravement affectées par ce genre d’intoxication.

Une des hypothèses pour remédier à la situation consiste à confier la tâche de nettoyage à la flotte halieutique, qui voit ses ressources de pêche diminuer irrémédiablement. Mais la récupération de ces millions de tonnes de plastique coûterait plusieurs milliards de dollars.