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Le gouvernement canadien et les changements climatiques

Le réchauffement climatique est un problème urgent qui requiert des solutions urgentes. Le Sommet de Cancun sur les changements climatiques représente une étape cruciale afin d'arriver à un traité juste, ambitieux et contraignant. Malheureusement, le Canada s'y présente les mains pratiquement vides. Le premier ministre Harper doit mettre un terme à l'approche insouciante et téméraire menée par son gouvernement en matière de changements climatiques, et agir dès maintenant.

La crise climatique est réelle et ses impacts sont déjà visibles. Plusieurs pays sont proactifs et agissent concrètement, tandis que d'autres se contentent de faire l'autruche en regardant les impacts s'aggraver et les opportunités, investir dans les énergies propres par exemple, passer. Dans la deuxième catégorie, le Canada se trouve au fond du baril.

Voici un survol de la situation.

Le réchauffement climatique est un problème urgent qui requiert des solutions urgentes :

  • Les impacts se font déjà sentir partout à travers le monde et il n'est pas trop tard pour agir;
  • Si les pays riches comme le Canada démontrent du leadership et agissent dès maintenant, on peut prévenir les plus graves conséquences non seulement pour les autres nations mais aussi dans notre pays;
  • Le Canada est vulnérable aux impacts des changements climatiques sur plusieurs aspects; ne pas se préparer à ces impacts et ne pas tenter d'en réduire les conséquences est irresponsable et téméraire.

Les Canadiens veulent voir du leadership de la part de leur gouvernement et des actions concrètes pour contrer les changements climatiques :

  • Le Sénat conservateur a récemment défait le seul projet de loi canadien sur les changements climatiques, un geste complètement irresponsable vu la crise globale à laquelle nous faisons face;
  • De nombreux sondages ont démontré que les Canadiens veulent que leur gouvernement fasse preuve de leadership sur les changements climatiques et veulent qu'il agisse concrètement;
  • Plus de 80% des Canadiens vivent dans des provinces qui possèdent des politiques sur les changements climatiques plus ambitieuses que celles que le gouvernement fédéral a mises en place;
  • La majorité du Parlement a demandé des actions plus musclées et plus de prise de responsabilités sur les changements climatiques [Projet de loi C-311].

En tant que l'un des dix plus grands pollueurs au monde, le Canada a besoin d'arrêter de se trouver des excuses et doit réduire les émissions de GES au pays :

  • Le Canada est l'un des dix plus grands pollueurs per capita, en niveau absolu et sur une échelle cumulative;
  • Les Canadiens produisent trois fois plus de pollution reliée aux changements climatiques que les citoyens de la Chine ou de l'Europe, et plus de 14 fois celle des citoyens de l'Inde;
  • Le Canada continue d'insister pour laisser les États-Unis établir notre politique climatique, bien que nos deux pays aient des systèmes énergétiques complètement différents et que le Canada ait déjà tous les outils en main pour mettre en place des réglementations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

Le Canada doit réduire les émissions des grands pollueurs, comme les sables bitumineux, en établissant des limites de pollution et les mettant en application :

  • Pendant que le reste du monde travaille sur un traité qui réduira significativement les émissions d'ici 2020, le gouvernement de l'Alberta prévoit permettre l'augmentation de 20 % de ses émissions pour la même période;
  • Selon le scénario actuel, l'industrie des sables bitumineux représentera 95% de l'augmentation des émissions industrielles du Canada d'ici 2020 ;
  • La politique du gouvernement fédéral en matière de changements climatiques est conçue pour accommoder la croissance de l'industrie des sables bitumineux et l'augmentation de ses émissions. Depuis l'Accord de Copenhague, nous sommes le seul pays qui a réduit ses ambitions quant à la lutte aux changements climatiques ;
  • Si l'Alberta était un pays, il serait le plus grand pollueur per capita au monde en matière de GES. Les émissions de cette province sont de 70 tonnes per capita et continuent d'augmenter (la moyenne nationale étant de 24 tonnes per capita). L'Alberta est responsable de plus de la moitié (52%) de l'augmentation des émissions du Canada depuis 1990, bien que cette province soit responsable de seulement 18% de l'augmentation du PIB, et de 19% de l'augmentation de la population du Canada. Combiné avec la Saskatchewan, ces deux provinces sont responsables de 74% des GES au niveau national, mais seulement 20% de la croissance du PIB et 19% de l'augmentation de la population.

Le Canada doit arrêter de contribuer au problème en fournissant des milliards de dollars en allégements fiscaux aux grandes compagnies pétrolières :

  • Le gouvernement canadien donne pas moins d'un milliard de dollars en allégements fiscaux aux compagnies les plus riches du pays, alors qu'il néglige le soutien à des sources d'énergie faible en carbone;
  • Compte tenu de notre engagement à réduire nos émissions de GES, offrir des avantages financiers aux industries qui contribuent substantiellement aux émissions du Canada ne fait aucun sens, particulièrement lorsque ces avantages pourraient être offert à des industries qui favorisent le respect de nos engagements envers le climat et qui s'assurent de la qualité de l'air et de l'eau, comme les énergies renouvelables;
  • Dans le prochain budget fédéral, le gouvernement devrait agir et éliminer les allégements fiscaux en place;
  • Arrêtons de soutenir le problème et investissons plutôt dans un avenir énergétique propre.

Le Canada doit cesser d'entraver les politiques climatiques et favoriser le développement de l'énergie propre à l'extérieur de nos frontières :

  • Le Canada a tenté systématiquement d'éliminer les politiques progressistes favorisant la lutte aux changements climatiques et les énergies propres en Californie, ailleurs aux États-Unis et en Europe au niveau fédéral;
  • Le ministère des Affaires étrangères utilise une stratégie secrète « Oil Sands Advocacy Strategy » faisant la promotion des sables bitumineux pour s'assurer qu'aucune stratégie positive sur le climat ne vienne entraver le développement de cette industrie;
  • Le Canada est en train de risquer le futur de notre stabilité économique et notre compétitivité en investissant des milliards de dollars dans des sources d'énergie sale plutôt que d'investir dans les énergies propres vers lesquelles le monde se dirige.

Le Canada doit investir de manière significative dans les énergies propres et renouvelables :

  • Le seul programme fédéral dédié aux énergies renouvelables a été abandonné il y a un an;
  • Éco-Énergie, un programme populaire de rénovations domiciliaires a aussi été abandonné en 2010;
  • Le gouvernement n'a démontré aucun signe quant au renouvellement ou au remplacement de ces programmes;
  • Si l'on compare le récent budget fédéral du Président Obama au plus récent budget fédéral canadien, les investissements en matière d'énergies renouvelables sont 18 fois plus élevés per capita aux États-Unis.

Le Canada doit faire sa juste part pour les pays les plus pauvres afin qu'ils puissent s'adapter aux changements climatiques et mettre en place des énergies propres :

  • Les pays en voie de développement sont les plus affectés par les changements climatiques, tout en étant les moins responsables de ceux-ci;
  • Plusieurs pays vulnérables demandent de l'aide urgemment afin de les aider à survivre dans un climat de plus en plus hostile et de développer des sources d'énergie propre;
  • Les leaders des pays développés se sont entendus afin de fournir 30 milliards de dollars dans les trois prochaines années afin de soutenir les pays développés pour qu'ils puissent s'adapter aux changements climatiques et mettre en place des économies basées sur des sources d'énergie propre. Ils ont aussi convenu de trouver annuellement 100 milliards de dollards d'ici 2020 - même si les études démontrent que beaucoup plus d'argent sera nécessaire;
  • Le Canada a annoncé 400 millions de dollars en financement, mais les trois quarts de ces fonds devront être remboursés par les pays qui les reçoivent, et le reste a été volé au fonds d'aide du Canada;
  • Les pays en voie de développement doivent participer activement à savoir comment, quand et où cet argent ira et comment il sera administré.

Des enjeux de taille

Même si nous subissons une augmentation de la moyenne de la température globale de 2°C seulement, nous ferons face à d'importants enjeux au Canada :

  • Augmentation de la température moyenne
    Pour les provinces canadiennes de 2 à 6°C, avec une augmentation plus marquée en Arctique.
  • Décès dûs aux vagues de chaleur
    En Ontario, on prévoit que le nombre de jour où la température est au-deçà de 30°C doublera, ce qui doublera le nombre de décès reliés à la chaleur, et augmentera le nombre de décès reliés à la pollution de l'air.
  • Plus de sécheresses
    Même si, au total, la quantité de précipitations devrait augmenter dans la plupart des provinces, ses occurrences - couplées aux accumulations moindres de neige, à la décongélation plus rapide, à l'augmentation de l'évaporation, et à la perte de glaciers - contribueront à des conditions de sécheresses plus sévères et fréquentes.
  • Pression sur la faune
    La diminution des glaces de mer, des tempêtes hivernales plus sévères, le changement des écosystèmes et la perte des milieux humides vont affecter négativement plusieurs espèces iconiques et culturellement importantes du Canada, comme les ours polaires, les caribous, les canards et les phoques.
  • Hausse du niveau de la mer
    À certains endroits, cette hausse sera plus élevée que la moyenne globale, augmentant le risque d'inondations riveraines, d'ondes de tempêtes plus sévères et fréquentes et une érosion plus rapide. Les régions les plus à risque sont l'Atlantique, les rives de la mer de Beaufort et le delta de la rivière Fraser.
  • Pression sur la forêt
    L'augmentation des sécheresses et des conditions plus favorables aux ravageurs augmenteront grandement la possibilité de voir disparaître plusieurs espèces d'arbres, comme le pin gris, le pin à écorce blanche et l'épinette blanche et noire.
  • La décongélation et l'amincissement du pergélisol
    Plus de 50% du pergélisol canadien est en danger dans un futur assez rapproché, menaçant plusieurs infrastructures et relâchant d'importantes quantités de dioxyde de carbone.
  • Perte des glaces de mer
    L'étendue des glaces de mer pendant l'été devrait diminuer de 50 % à 60 % au cours du prochain siècle dans le Nord, avec certains modèles de prévision prévoyant une éventuelle perte complète de la banquise en été.

En ignorant la nécessité de prendre des actions sérieuses sur les changements climatiques, le gouvernement fédéral met la santé des Canadiens, notre économie, nos ressources et notre environnement en danger.