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Le pipeline Montréal-Portland

La compagnie Pipe-lines Portland Montréal (PLPM) détient un réseau de pipelines qui achemine du pétrole du port pétrolier de South Portland (Maine) à la raffinerie de Suncor à Montréal-Est. Il y a quelques années, une coalition d’entreprises proposait le projet Trailbreaker qui consistait à inverser le flot d’un de ces pipelines afin d’acheminer du pétrole brut des sables bitumineux jusqu’à l’océan Atlantique et vers les marchés d’exportation. Ce projet a depuis été annulé et fragmenté, mais les groupes citoyens, les organismes environnementaux et les municipalités restent vigilants, car plusieurs indices permettent de penser que l’inversion pourrait éventuellement avoir lieu.

Le réseau de Pipe-lines Portland Montréal (PLPM) est composé de trois pipelines parallèles et s'étale sur 378 km. Il transporte du pétrole brut moyen ou léger importé de l’étranger et traverse l’ouest du Maine, le New Hampshire, le nord du Vermont, l’Estrie, la Montérégie, pour finir sa course à Montréal.

Le premier pipeline, construit en 1941, n’est plus en service, mais demeure dans le sol. Le second, d’un diamètre de 18 pouces (457 mm), a été construit en 1950. Il a été inversé et converti pour le transport de gaz naturel en 1987, puis réinversé et reconverti au transport de pétrole en 1999. Le projet Trailbreaker visait à inverser son flot de nouveau. Le troisième oléoduc de 24 pouces (610 mm) date de 1965 et continuerait d’acheminer du pétrole de Portland jusqu’à Montréal. Ces différents pipelines sont enterrés à environ un mètre de profondeur.

Les principaux actionnaires de Pipe-lines Portland Montréal sont Imperial Oil Ltd, Suncor Energy et Shell Canada. Ces entreprises participent activement à l’extraction et au raffinage du pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta.

Le projet « Trailbreaker », annoncé en 2008, consistait à inverser la Ligne 9 d’Enbridge de Sarnia à Montréal et le pipeline Portland-Montréal. Le but de ce projet était d’acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’à Portland, dans le Maine. Ce pétrole devait ensuite être transporté à l’étranger à bord de superpétroliers. Le projet a été abandonné à cause du ralentissement économique et d’une poursuite judiciaire d’un citoyen de Dunham, menée avec l’appui d’Équiterre.

Depuis, le projet a été fragmenté et Enbridge a obtenu de l’Office national de l’énergie (ONÉ) l’autorisation d’inverser sa Ligne 9. Il est donc possible qu'il y ait de nouveau une demande d'inverser le pipeline entre Montréal et Portland dans les prochaines années afin d'atteindre les marchés internationaux.

Un pipeline inadapté pour transporter du pétrole issu des sables bitumineux

Le pétrole issu des sables bitumineux est transporté sous forme de bitume dilué dans les pipelines et contient des produits cancérigènes, comme du benzène et du toluène. Le risque de rupture est encore plus grand pour les pipelines plus anciens, comme le pipeline Portland-Montréal. La construction de ce pipeline précède de dizaines d’années le début des travaux d’extraction commerciale des sables bitumineux à grande échelle. Il n’a donc pas été conçu pour transporter du pétrole lourd comme le bitume dilué.

L’accès à l’eau potable de millions de québécois pourrait être mis en péril

Le pipeline Portland-Montréal traverse le fleuve St-Laurent, qui fournit en eau potable environ la moitié de la population québécoise. Un déversement dans ce fleuve mettrait en péril l’accès à l’eau potable pour des millions de Québécois.

Le pipeline Portland-Montréal traverse aussi au Québec d’autres cours d’eau et lacs importants comme la rivière Richelieu, la rivière Yamaska, le lac Memphrémagog et la rivière Missisquoi ainsi que des parcs nationaux comme le parc des Îles-de-Boucherville et le Parc du Mont-Saint-Bruno.

Pour agir et dire « Non aux sables bitumineux » au Québec, signez et partagez la pétition!