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Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé. Au Canada, c’est jusqu’à 40 % de la nourriture produite qui est gaspillée, de ce montant, 30 % ne se rend même pas sur les tablettes et 47% est jetée par le consommateur! Selon l’émission « Global gâchis » à Explora : « L’ensemble des producteurs, distributeurs et consommateurs des pays occidentaux jette une quantité de nourriture qui pourrait nourrir 7 fois la population qui a faim dans le monde », alors que chaque année, un foyer québécois produit en moyenne 194 kg de résidus de table, ce qui équivaut en moyenne à 771 $ de nourriture jetée par an, une somme 2,5 fois plus importante que celle du citoyen américain. Au Canada, c'est 27 milliards $ en nourriture qui disparaît chaque année, cela représente près de 2 % du produit intérieur brut annuel du pays.

Voici des gestes tout simples à poser pour changer ces bien tristes statistiques qui nous ont valu le titre de « Champions du gaspillage alimentaire » par les médias en 2013 (Proulx, 2013).

Réduire le gaspillage alimentaire à la source

L’industrie alimentaire (producteurs, transformateurs, distributeurs) est souvent montrée du doigt et pourrait en effet, dans plusieurs cas, améliorer ses pratiques. Il serait possible notamment, de mettre en place des initiatives toutes simples, comme par exemple :

  • Changer le système de dates de péremption (ex. : en France, deux dates se retrouvent sur les produits de consommation périssables : la date de consommation optimale, un équivalent du « meilleur avant » et la date limite de consommation, qui indique à quel moment le produit sera réellement périmé).
  • Vendre des denrées périmées pour contrer le gaspillage alimentaire et éduquer la population sur les dates de péremption. C’est aussi un bon moyen de réduire le sentiment de honte que certains peuvent ressentir à s’approvisionner dans les surplus alimentaires, puisque la nourriture n’y est pas donnée, mais vendue à très bas prix.
  • Cesser de détruire les denrées alimentaires encore saines pour la consommation et donner accès aux conteneurs à déchets qui recèlent de trésors encore parfaitement comestibles! Voyez par exemple comment une mère peut remplir quatre sacs d’épicerie de produits en parfait état dans ces conteneurs.

Les grandes chaines font-elles leur part?

Quelques grandes chaines de supermarchés au Québec font des efforts pour réduire le gaspillage alimentaire. Loblaws, par exemple, a développé un projet pilote avec la banque alimentaire Moisson Montréal pour redistribuer aux plus démunis des denrées sur le point d’être périmées et ainsi éviter de les jeter. La formule, qui a très bien fonctionné, fait des petits et d’autres banques alimentaires du Québec reçoivent des tonnes de denrées des supermarchés Maxi, Loblaws, Provigo le Marché, Métro et Super C, permettant de récupérer des dizaines de milliers de kilos de nourriture par an. Les cinq Marchés Louise Ménard de la chaine IGA, à Montréal et dans les environs, gèrent également leurs stocks de manière à minimiser les pertes d'aliments. En effet, plusieurs supermarchés de la chaine réutilisent les aliments consommables invendables pour les mets préparés sur place ou les réattribue à un centre de don. Selon Louise Ménard, les épiciers ont une grande part de responsabilité dans le gaspillage alimentaire des consommateurs. « Il faut cesser de vous obliger à acheter six oranges pour profiter d’un rabais, quand vous en avez seulement besoin de deux », dit-elle. « Le Québec devrait s’inspirer du modèle européen de gestion des stocks. La pensée nord-américaine est axée sur la présentation de masse. Il faut se sortir de la pensée Think Big ».

Le gaspillage alimentaire a d’autres impacts, moins connus. Il nuit aussi à « l'environnement en engendrant des émissions polluantes inutiles, en augmentant la consommation d'eau et en réduisant la biodiversité lors de l'agrandissement des terres agricoles ».

Et les consommateurs?

Bien que l’industrie ait un rôle essentiel à jouer, la responsabilité du consommateur dans le gaspillage alimentaire à grande échelle tel qu’on le connaît dans nos pays industrialisés ne peut être niée. Selon le site Sauve ta bouffe, « 47 % du gaspillage alimentaire aurait lieu dans nos foyers, soit en moyenne 95-115 kg par an. Alors que les Nord-Américains et les Européens estiment gaspiller seulement de 1 à 5 % de la nourriture qu’ils ramènent à la maison, ils en jetteraient en réalité entre 14 et 25 %! ».

Un petit examen de conscience s’impose donc pour changer nos habitudes de consommation. Le but? Nous laisser guider par notre gros bon sens et non plus par des circulaires ou des spéciaux en épicerie qui nous incitent à consommer toujours davantage et des dates de péremption inscrites sur des pots de yogourt.

  • Devenez un « mange-gardien » : renseignez-vous, plein de trucs et astuces existent pour sauver les aliments
  • Regardez la vidéo « On évite le gaspillage alimentaire avec les trucs pratico-pratiques » d’Estelle Richard, en charge du projet Sauve ta bouffe 
  • Avoir le réflexe de congeler!
  • Bien placer les aliments dans le frigo. Quand on revient de l’épicerie, enlever les aliments qui y sont déjà avant de mettre les nouveaux, pour amener les plus anciens à l’avant et ainsi éviter de les oublier.
  • Ne pas jeter trop rapidement! La date de péremption n'est pas une garantie de la salubrité de l'aliment. Elle constitue plutôt une indication pour les consommateurs de la fraîcheur et de la durée de conservation potentielle des aliments non ouverts
  • Pourquoi ne pas démarrer un « frigo de quartier » dans votre quartier?
  • Cuisinez vos restes en suivant la formule touski (touski reste)* :
    1. Repérer les aliments qui ont besoin d’être consommés rapidement dans le réfrigérateur.
    2. S’inspirer d’une recette qui inclut certains de ces aliments et l’adapter avec ce que l’on a à disposition ou inventer une recette en ne négligeant pas la quantité d’épices.
    3. Faire une belle présentation.
    * Idées faciles de « touski » : soupes, smoothies et sauces.

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