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Geste du mois : pour une garde-robe responsable

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Le printemps est enfin arrivé. Plusieurs d’entre vous réaménagerez bientôt vos placards pour faire place aux tenues estivales. L’état de vos vêtements vous laissera peut-être insatisfait : usés, défraichis ou en perte d’éclat, il est probable que vous ayez envie d’acheter de nouveaux habits pour aborder la belle saison.

Ce mois-ci, grâce à une collaboration spéciale avec Léonie Daignault-Leclerc de l’entreprise québécoise de mode durable Gaia & Dubos, nous vous présentons différentes astuces écolo pour prendre soin de vos vêtements et accroitre leur durée de vie. Lessive, entreposage, réparation, emprunt, échange, location et achat seconde main sont autant de façons réduire l’impact de la mode sur notre belle planète.
 

Un peu de contexte : fast fashion et consommation

Dans un geste du mois précédent « Bouger pour la planète », nous mentionnions que la mode est la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole, qu’elle est responsable à elle seule de 20 % de la pollution de l’eau dans le monde, que nous achetons 4 fois plus de vêtements qu’il y a 20 ans et que 2700 litres d’eau sont utilisés pour la conception d’un seul t-shirt de coton. Les impacts sur les communautés et l’environnement du fast fashion sont indéniables, notamment l’exploitation des travailleurs (1).

Source : Greenpeace

Le déclin du prix et de la qualité des vêtements, combiné aux cycles de tendances ultra-rapides et à l’obsolescence programmée, exhortent les consommateurs à se débarrasser de leurs biens trop rapidement (2). Chaque année, la population mondiale se départit de plusieurs millions de tonnes de produits textiles, dont plus de 70 % finissent entassés au dépotoir plutôt que d’être recyclés ou réutilisés (2). En se décomposant, les vêtements abandonnés produisent des gaz à effet de serre et contribuent au réchauffement climatique (3).

La chercheure en mode durable Kirsi Niinimäki considère qu’accroitre la durée de vie des vêtements est l’un des principaux remèdes pour guérir l’industrie de la mode de ses maux. Un groupe de chercheurs de l’Université de Cambridge estime également que l’entretien des vêtements par les consommateurs engendre un impact environnemental supérieur à toutes les autres étapes du cycle de vie des produits comme la culture des matières premières, la production et le transport (5).

Voici donc quelques gestes simples à adopter pour prendre soin de ses vêtements et réduire son empreinte écologique.
 

Faire sa lessive différemment

La lessive inclut lavage, séchage et nettoyage à sec. En adoptant certaines habitudes, il devient possible d’optimiser la durée de vie de nos vêtements, la quantité d’énergie et d’eau consommée ainsi que le nombre de produits chimiques utilisés.

 
  1. Certains ingrédients contenus dans les détergents commerciaux sont toxiques, vaut mieux choisir des détergents et autres produits écologiques et biodégradables.
  2. Opter pour un lavage à l’eau froide et des cycles de lavage plus courts a un impact significatif sur la consommation d’eau et d’énergie.
  3. Bien qu’il soit possible de régler la taille d’une brassée sur nos machines à laver modernes, l’utilisation d’eau et d’énergie n’est malheureusement pas proportionnelle au volume de vêtements contenus dans la machine. Ainsi, il est préférable d’attendre d’avoir suffisamment d’items pour mettre la machine à laver en marche. Cela réduira la fréquence de nos lavages – donc des ressources utilisées!
  4. Opter pour le lavage à la main réduira nettement votre empreinte écologique. Les vêtements délicats en seront ravis et cela espacera la fréquence des lavages à la machine.
  5. Vos vêtements resteront beaux beaucoup plus longtemps si vous patientez un peu avant de les laver. Ils ne sont pas tachés et ne sentent pas mauvais? Ce n’est donc pas encore le temps de les laver!
  6. Est-il essentiel d’utiliser la sécheuse? Elle peut parfois être très pratique, mais il est tellement plus écologique de faire sécher ses vêtements naturellement grâce au fantastique phénomène d’évaporation. Vive la corde à linge, à l’intérieur comme à l’extérieur!
  7. À moins de n’avoir aucune autre option, le nettoyage à sec devrait être évité car il requiert de nombreux produits chimiques extrêmement toxiques pour la santé et la planète (6). Privilégier des nettoyeurs qui utilisent des procédés plus écologiques.

 

Bien entreposer ses vêtements

Le mode d’entreposage des vêtements peut influencer leur durée de vie de façon significative.

  1. Les vêtements de tricot, c’est-à-dire toute étoffe extensible (oui, les fameux t-shirts sont faits de tricot!), devraient toujours être pliés, et jamais suspendus, puisqu’ils risquent de se déformer.
  2. Il est recommandé d’utiliser des cintres rembourrés pour suspendre les vêtements les plus délicats. Cela leur permettra de rester plus beaux, plus longtemps.
  3. Les vêtements devraient toujours être rangés dans un endroit sec, aéré et à l’abri du soleil.

 

Raccommoder ses vêtements

Le rythme effréné de nos vies et le coût ridiculement bas des vêtements encouragent les consommateurs à remplacer leurs produits plutôt qu’à les réparer. Alors que nos ancêtres possédaient l’art de tout rafistoler, nos mœurs modernes prônent plutôt l’achat de matériel neuf. Rares sont ceux qui se donnent encore la peine de raccommoder une chemise. Ou bien nous la jetons, ou parfois, nous l’apportons à notre couturière qui, en échange de nos précieux dollars, la réparera pour nous.

Il va sans dire que les couturiers-ères constituent une ressource inestimable, mais pourquoi ne pas apprendre soi-même les bases de la réparation? Voici quelques gestes simples pour faciliter la réparation de vêtements et accessoires.

  1. Se munir d’un coffre de couture avec les outils de base – aiguilles, ciseaux et quelques bobines de fil – encouragera les plus paresseux à entreprendre le rafistolage de leurs habits.
  2. Conserver précieusement boutons, agrafes et fermoirs facilitera une éventuelle réparation.
  3. Apprendre les techniques de base pour réparer ses vêtements permettra à chacun de réduire son empreinte écologique, développer son autonomie et d’économiser.

 

Vraiment besoin de nouveau? Empruntez, échangez, achetez usagé ou misez local!

Vous voilà sensibilisés et mieux outillés pour résister à la tentation d’acheter de nouveaux vêtements. Mais parfois, le besoin est réel. Dans ce cas, plusieurs alternatives existent.

Reportez
Vous pouvez faire des trouvailles extraordinaires dans les magasins ou ventes de vêtements seconde main. Plusieurs sites Internet, groupes Facebook et regroupements organisent ou encadrent la revente de vêtements. Non seulement ces stratégies limitent la production de vêtements neufs, mais elles vous permettent d’économiser!

Échangez
Vous pouvez aussi organiser des sessions d’échanges ou de troc entre amis, famille, collègues ou voisins. Les morceaux qui ne vous servent plus feront peut-être le bonheur de quelqu’un d’autre! Un événement Troc-tes-trucs est organisé à la Maison du développement durable à Montréal le 11 avril prochain de 17 h à 19 h. Une collecte printanière de vêtements est également prévue dans la semaine du 4 au 11 avril au même endroit. Notez que d’autres organisations à la grandeur du Québec s’occupent de collecter des vêtements toute l’année.

Empruntez
Vous avez besoin d’un item bien précis pour une journée, une saison ou plus longtemps? Avez-vous pensé à demander à votre entourage ? Ce que vous cherchez traîne peut-être que chez quelqu’un qui se fera un plaisir de vous rendre service. Cela est particulièrement utile pour les vêtements d’enfants qui ne durent qu’un temps, croissance oblige. Les réseaux sociaux sont un bon outil pour ce genre d’annonce.

Louez
Vous pouvez aussi envisager de louer des vêtements et accessoires. Robes de soirée ou vêtements tout aller, des entreprises locales offrent dorénavant ce service, parfois même en ligne. Dans leurs mots, il s’agit d’un « service de partage moderne, écologique et économique » (La petite robe noire, Chic Marie). Écoutez le reportage de Radio-Canada « L'économie de partage, jusque dans votre garde-robe » pour en apprendre davantage sur ces services de location modernes.

Achetez local ou équitable
Si vous optez pour l’achat de vêtements neufs, privilégiez les créateurs locaux ou les fabricants de vêtements équitables. Dans ces deux cas, ce choix éthique vous assure que les travailleurs ont bénéficié de conditions de travail décentes. En plus, avec les designers locaux, vous encouragerez les talents d’ici et porterez des vêtements uniques créés avec soin. Nul doute que vous reporterez ces morceaux saison après saison et que l’investissement sera rentable!

 En conclusion, vaut mieux miser sur la qualité que sur la quantité. Plutôt que consommer, prenons soin, réparons, réutilisons, partageons, louons, prêtons : tous les moyens sont bons!
 

Bonnes adresses

Designers locaux :
Gaia & Dubos
Ethik BGC
La Gaillarde
Jupon Pressé
Signatures Québécoises
Folle Guenille
ÉcoVogue

Friperies :
Renaissance, Village des Valeurs, et les centaines de friperies à travers le Québec

Friperies en ligne :
Tout le monde est pu capable de son linge
Vide-dressing MTL
Le vide-dressing – XL/14 ans et plus (Montréal)
Mint Condition Frippe
Exit 29
Échange de vêtements UdeM/UQAM
Les Oubliettes Vintage
Deuxième édition

Site d’articles usagés :
Kijiji
• Les puces
• Les Pac

Sites et groupes de troc/réparation :
Troc tes trucs
Touski s’répare

 

Bibliographie

(1) Niinimäki, K. (2013). Tenents of sustainable fashion. In K. Niinimäki (Ed.), Sustainable fashion: New approaches (p. 12-29). Helsinki, FI : Aalto University.

(2) Fletcher, K., 2008. Sustainable Fashion and Textiles: Design Journeys. Earthscan, London.

(3) Black, S. (2008). Eco-chic : The fashion paradox. London, UK : Black Dog. Niinimäki, K. (2013). Tenents of sustainable fashion. In K. Niinimäki (Ed.), Sustainable fashion: New approaches (p. 12-29). Helsinki, FI : Aalto University.

(4) Niinimäki, K. (2013). Tenents of sustainable fashion. In K. Niinimäki (Ed.), Sustainable fashion: New approaches (p. 12-29). Helsinki, FI : Aalto University.

(5) Allwood, J.M., S.E. Laursen, C. Malvido de Rodriguez and N.M.P. Bocken (2006) Well Dressed? The Present and Future Sustainability of Clothing and Textiles in the United Kingdom. University of Cambridge, Institute for Manufacturing, Cambridge, UK.

(6) Wrap. (2013). Design for Longevity: Guidance on increasing the active life of clothing. Nottingham, UK: Cooper et al.

 

Pour une garde-robe responsable - laver less jeans moins souvent

Il y a quelques années, un grand fabriquant de jeans a provoqué un certain mouvement d'indignation en suggérant que le fait de laver nos jeans moins souvent pouvait contribuer aux efforts de protection de l'environnement. Même si l'achat de jeans n'est pas spécialement écologique, le message était pourtant très sensé. Laver une paire de jeans à chaque fois qu'on les porte ou même à chaque semaine est bien inutile, à moins qu'on travaille dans un milieu salissant comme un chantier ou qu'on ait marché dans un sentier boueux. Si on se retrouve avec une simple petite tache de crème glacée, on peut laver ça en 2 minutes, souvent même sans savon, juste à l'eau chaude. Pas besoin de tout passer à la laveuse et à la sécheuse. Et le vêtement durera plus longtemps, car les détergents usent les textiles au moins autant que le fait de les porter.