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Outils d'action

Le guide des consomm'acteurs

Équiterre est voué à la promotion de choix écologiques et socialement équitables par l'action, l'éducation et la recherche dans une perspective intégrant la justice sociale, l'économie solidaire et la défense de l'environnement. Le présent bottin s’adresse à un public large, souhaitant s’outiller et se familiariser avec les principes de base et les ressources disponibles pour consommer différemment.

     
  1. L'alimentation biologique
2. La production biologique locale
3. Le commerce équitable
4. L'économie sociale
5. La réduction des déchets
6. Les produits écologiques pour la maison
7. L'efficacité énergétique
8. Le transport écologique
9. L'investissement responsable
 
     

1. L’alimentation biologique

L’agriculture biologique est basée sur le respect et la préservation de la vie. Si on en prend soin, la terre est une ressource «vivante» qui se régénère naturellement. Cependant, elle s’épuise ou se dégrade si on l’exploite de manière intensive.

Pour une agriculture durable...
Consommer «biologique» permet de créer et de préserver des agro-écosystèmes sains, diversifiés et vivants. L’agriculture biologique protège, nourrit et enrichit les sols par l’utilisation de méthodes respectueuses des êtres vivants et du milieu naturel dans lequel elle s’intègre. Des techniques comme la rotation des cultures, les «engrais verts» (plantes semées pour nourrir le sol), l’utilisation de compost et la plantation d’arbres ou d’arbustes brise-vent sont utilisées pour enrichir et protéger le sol et maintenir la présence de la faune utile, par exemple des oiseaux qui mangent les insectes nuisibles aux cultures.

L’agriculture biologique bannit l’usage d’intrants de synthèse (pesticides et engrais chimiques). Elle bannit également le recours à des organismes génétiquement modifiés (OGMs), compte tenu de leur impact inconnu à long terme. La production biologique encourage aussi l’utilisation de semences non traitées chimiquement et la pollinisation libre qui, contrairement aux semences hybrides, peuvent se reproduire d’année en année. Cette pratique préserve la biodiversité car la reproduction des semences peut se faire localement et à petite échelle, les plants s’adaptant ainsi à l’environnement régional.

Manger «bio» ou «végétarien»?
L’alimentation biologique est souvent confondue avec le végétarisme. L’alimentation végétarienne (sans viande) et végétalienne (aucun produit animal - sans oeufs ni produits laitiers -) présente bien sûr de nombreux avantages environnementaux. Le fait de réduire la consommation de viande a un impact considérable, car l’industrie «animale» consomme beaucoup d’eau, génère du CO2 et requiert un vaste territoire agricole pour «nourrir» les animaux qui nous nourrissent... Les ressources agricoles seraient évidemment mieux utilisées si, de manière globale, la consommation de viande et de produits d’origine animale diminuait.

Toutefois, en consommant de la viande, des produits laitiers et des oeufs certifiés «biologiques» , on s’assure que ces aliments ont été produits dans le respect des animaux, de leurs besoins fondamentaux et de leur cycle normal de croissance. Les pratiques de l’élevage bio ne requièrent ni antibiotiques, ni hormones de croissance, ni de moulées faites d'OGM. C’est aussi une manière indirecte de soutenir l’agriculture biologique, puisque les animaux «bio» mangent des grains et du foin «bio» . L’alimentation biologique , qu’elle soit végétarienne ou omnivore, a un impact positif sur l’environnement et la santé humaine.

La certification biologique
La certification des produits «biologiques» est obligatoire au Québec depuis février 2000. Les mentions telles que «bio» , «biologique» , «écologique» , «biodynamique» et «organique» ne peuvent être utilisées qu’à la suite d’un processus d’inspection et de contrôle réalisé à la ferme par un organisme reconnu par le Conseil d’accréditation du Québec. Ce système de certification rigoureux représente bien entendu une charge supplémentaire pour les producteurs et productrices «bio» , mais il constitue pour les consommateurs et les consommatrices une garantie solide de la qualité des aliments et du fait que leur production s'est opérée dans le respect de l’environnement.

Une autre forme de productivité...
L’agriculture biologique, en protégeant l’environnement et en fournissant des aliments de grande qualité, constitue une sage précaution pour assurer la sécurité alimentaire de la planète à long terme. En privilégiant la diversité des productions, elle permet aux agriculteurs et agricultrices, ainsi qu’à leur familles et communautés locales, de mieux s’alimenter, plutôt que de produire des denrées destinées à l’exportation.

L’agriculture intensive conventionnelle est parfois plus «productive» à court terme, mais ses méthodes d’exploitation polluent l’environnement et épuisent le sol. De plus, le système de distribution qui l’accompagne entraîne des pertes, du gaspillage et des coûts sociaux considérables.

L'agriculture intensive conventionnelle vise les profits à court terme. Pour y arriver, elle utilise de nombreux produits chimiques, ce qui cause l’appauvrissement des sols et occasionne d'importants niveaux de pollution de l'eau. Les pesticides agricoles tuent aussi directement les animaux sauvages et s'accumulent dans la chaîne alimentaire, exposant les prédateurs, et en bout de ligne les consommateurs humains, à des substances toxiques.

Finalement, une grande partie de la production de l’agriculture conventionnelle est gaspillée dans le transport ou détruite pour répondre aux exigence des spéculateurs (ajustement artificiel de l’offre par rapport à la demande en vue de maintenir des prix élevés) et de la gestion d’inventaire (légumes rejetés des étalages pour des raisons esthétiques).

Manger «bio» , c’est donc un choix environnemental, nutritionnel et social!

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