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Faire du réseau électrique métropolitain une locomotive pour le transport collectif

Vivre en Ville, Équiterre et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec accueillent favorablement le projet de réseau électrique métropolitain de CDPQ Infra.

Nos organisations ont identifié un ensemble de mesures, notamment relatives à la mobilité durable, nécessaires à l’acceptabilité du projet. C’est à ces quatre conditions que le projet de réseau électrique métropolitain obtiendra notre appui.

Un projet structurant…

La fréquence des passages, l’amplitude de service et la longueur du réseau électrique métropolitain ont le potentiel d’en faire un réseau de transport collectif structurant. Pour qu’il joue pleinement son rôle, atteigne ses objectifs et soutienne, globalement, un report modal de l’automobile vers le transport collectif, plusieurs conditions sont à satisfaire. Certaines sont inhérentes au projet ; d’autres concernent plutôt les enjeux financiers
et le contexte urbain dans lequel il s’inscrit.
 

Le réseau électrique métropolitain va améliorer la desserte en transport collectif de plusieurs secteurs de la proche couronne de la région métropolitaine de Montréal. La réalisation des branches nord-ouest accapare toutefois les deux tiers du budget du projet, pour moins de la moitié des usagers attendus. Le rapport coût-bénéfice de ces branches prises isolément apparaît ainsi à la limite de l’efficience et de la bonne gestion

… À MIEUX ARRIMER AUX RÉSEAUX DE TRANSPORT COLLECTIF

budgétaire. Cela doit être compensé par un meilleur arrimage aux réseaux de transport collectif existants et futurs. Cet arrimage sera au bénéfice des usagers et permettra, d’une manière générale, de renforcer la cohérence et la qualité de l’offre de transport collectif dans la métropole.

Condition n°1 : Augmentation des connexions avec le métro

  • En intégrant au projet, dès la première phase, la station McGill.

  • En intégrant au projet, dès la réalisation des branches nord-ouest, la station Édouard-Montpetit (Université de Montréal).
  • En prolongeant la ligne orange du métro jusqu’à la station Bois-Franc pour raccorder sa branche ouest au réseau électrique métropolitain.
     

… dont l’effet potentiel sur l’étalement urbain doit être jugulé

L’étendue du projet de réseau électrique métropolitain et l’implantation de plusieurs parcs de stationnement incitatifs pourraient en faire un vecteur d’étalement urbain, et compromettre ainsi les efforts des instances municipales et régionales en la matière.

Condition n°2 : Mitigation de l’étalement urbain induit grâce à l’adoption d’un plan combinant plusieurs stratégies

  • Des mesures spécifiques (orientations gouvernementales et planification régionale et locale) dans les axes Sud (A10) et Ouest (A20-A40).
  • Une protection accrue des terres agricoles aux abords de la station terminale de Brossard.
  • La limitation du nombre de places de stationnement incitatif.
  • Le soutien à la consolidation et à la densification dans les premières couronnes de banlieue via des programmes financiers et un cadre de planification rigoureux.
     

… qui doit s’intégrer dans une vision globale et ambitieuse de développement du transport collectif

D’importants montants d’argent public vont être consentis à la mise en œuvre du projet de réseau électrique métropolitain. L’acceptabilité du projet implique l’assurance que le développement du transport collectif ne se limitera pas à ce projet, mais que partout au Québec, les sociétés de transport auront, elles aussi, accès au soutien financier nécessaire au maintien et au développement de leurs infrastructures ainsi qu’à l’augmentation de l’offre de service et à l’amélioration de sa qualité.

Condition n°3 : Adoption d’une politique de mobilité durable

  • Qui fixe des objectifs d'augmentation de l’offre de service de transport collectif, partout au Québec.
  • Qui assure au transport collectif un financement dédié, suffisant et récurrent.
  • Qui articule l’ensemble des modes de transport durables (autopartage, déplacements actifs, transport collectif) pour des villes multimodales.
     

… qui doit s’accompagner de la relance des projets montréalais de transport collectif

Plusieurs projets de développement du transport collectif dans la région de Montréal sont actuellement sur la glace, faute de financement ou de volonté politique. Le soutien au réseau électrique métropolitain repose sur la conviction qu’il ne s’agit pas de l’arbre qui fera oublier la forêt, mais bien de la locomotive qui donne le ton en matière d’ambition pour le transport collectif.

Condition n°4 : Relance des autres grands chantiers de transport collectif de Montréal

  • Coup de départ du prolongement de la ligne bleue.

  • Amélioration de la desserte en transport collectif des secteurs centraux de l’agglomération de Montréal, notamment par la relance des projets de tramway.
     

Quatre conditions pour un projet acceptable 

Pour Vivre en Ville, pour Équiterre et pour le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, ces quatre conditions sont indispensables à réunir pour que le projet de réseau électrique métropolitain soit acceptable. Le projet présente en effet des contraintes majeures connues (possible monopolisation du tunnel sous le Mont-Royal, notamment). Puisqu’il a été conçu en dehors d’une vision
d’ensemble en matière d’organisation des transports dans la région de Montréal, il est vraisemblable qu’il révèlera aussi, à l’usage, des opportunités manquées et des problèmes potentiels.

Les conditions présentées dans ce mémoire ont été identifiées afin de limiter les effets négatifs appréhendés et de maximiser les effets positifs attendus du projet. Sans elles, les retombées positives du projet ne sont pas à la hauteur de ses coûts et des inconvénients qu’il comporte. Notre appui dépend donc de leur réalisation.

À noter que plusieurs de ces conditions ne relèvent pas directement du porteur de projet actuel, soit CDPQ Infra. C’est en toute connaissance de cause que nous engageons ainsi divers paliers de gouvernement à prendre fait et cause pour le projet de réseau électrique métropolitain, et à s’engager à mettre en œuvre les conditions de son succès et de son acceptabilité.

Nous aurions beaucoup d’autres détails à mentionner en lien avec le projet de réseau électrique métropolitain, mais il s’agit d’éléments qui ne sont pas de nature conditionnelle. Nous en ferons donc part au promoteur à l’occasion des étapes ultérieures de bonification du projet. À cet égard, nous tenons à souligner l’approche
exemplaire dont fait preuve CDPQ Infra en matière d’ouverture au dialogue avec les parties prenantes. En cette période où l’on parle beaucoup de l’acceptabilité sociale, l’approche de CDPQ Infra témoigne d’une forte détermination à mettre en pratique les conditions de succès reconnues.

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