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Des campagnes de financement à partir de produits locaux, un concept gagnant-gagnant

Écoles enracinées

Au cours des dernières années, un nouveau modèle de collecte de fonds pour les écoles qui se fonde sur la vente de produits locaux a vu le jour. En effet, partout au Canada, des idées ont germé pour mettre en place des campagnes de financement en milieu scolaire à saveur de développement durable. Celles-ci ont permis d’allier collecte de fonds, saine alimentation, soutien aux agriculteurs locaux et développement de liens éducatifs entre producteurs et élèves.

Que ce soit au Manitoba, en Ontario ou au Québec, des campagnes de financement innovantes permettant la mise en marché de proximité et le partage des bénéfices entre écoles et producteurs agroalimentaires ont été organisées. Les acteurs de ces partenariats se partagent les recettes selon différentes formules. En général, les écoles et les producteurs se partagent les recettes; dans certains cas, un troisième acteur, qui joue le rôle d’intermédiaire entre les écoles et les producteurs, prend lui aussi un certain pourcentage des revenus.

En plus de l’aspect économique, ces initiatives visent à engendrer des retombées bénéfiques au plan social et éducatif. Au Québec, Équiterre a mis en place un projet intitulé Écoles enracinées, qui propose des paniers de légumes biologiques et locaux aux écoles de Montréal. Le jour de la livraison des paniers, les producteurs apportent directement leurs légumes dans les écoles. Un volet éducatif complémentaire permet de sensibiliser les enfants à la nourriture saine à l’aide d’ateliers où ceux-ci cuisinent à partir d’aliments biologiques frais produits localement. Les intervenants scolaires reçoivent une formation pratique et des ressources partagées (fiches d’information sur les légumes, recettes) afin de les soutenir dans l’animation de ces ateliers.

Accès Québec, un organisme à but non lucratif qui vise à faciliter la commercialisation et la distribution de produits régionaux, a pour sa part préféré offrir des produits locaux non périssables (confitures, miel, etc.) afin de permettre la préparation des paniers à l’avance et de faciliter la logistique pour les écoles. Une autre entreprise, ATO, a pour mission d’aider les écoles à organiser des campagnes de financement à partir de produits locaux. ATO conseille celles-ci sur la mise en place d’une collecte de fonds, et entreprend des démarches auprès des producteurs afin d’obtenir des prix avantageux. De même, le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière, qui a coordonné une campagne de financement dans une école, souhaite étendre son projet afin de permettre aux écoles de sa région de mener des campagnes de financement à l’aide de paniers de légumes frais et locaux.

Farm to School Manitoba est un programme qui a été mis en place au Manitoba grâce à la collaboration de trois acteurs : le gouvernement du Manitoba, Peak of the Market, ainsi que la Manitoba Association of Home Economists (MAHE). Peak of the Market a pour rôle de fournir des légumes et de coordonner la logistique liée à la prise de commandes et à la livraison de légumes aux écoles participantes. Pour sa part, la MAHE assure le développement et la coordination de l’ensemble du programme. En 2016, ce programme a approvisionné un total de pas moins de 421 établissements (garderies, écoles primaires et secondaires), ce qui correspond à 62 413 paniers vendus et à 10 021 autres donnés aux banques alimentaires locales. En effet, un volet de solidarité sociale permet aux écoles qui le souhaitent de payer des paniers qui seront ensuite distribués dans des banques alimentaires. En ce qui concerne les profits, écoles et producteurs se partagent chacun 50 % des bénéfices.

En Ontario, l’organisme Fresh From the Farm a mis sur pied des campagnes de financement à partir de produits frais et locaux. Son réseau est très étendu puisque depuis 2013, 152 écoles ontariennes ont expérimenté avec succès la formule de Fresh From the Farm. Au total, plus de 130 000 kg de fruits et de légumes frais de l’Ontario ont été distribués aux familles de cette province. Cela représente plus de 112 000 $ remis aux initiatives scolaires. Les agriculteurs ont pour leur part récolté plus de 150 000 $. L’objectif de Fresh From the Farm est de permettre un rapprochement entre les producteurs et les écoles. Plusieurs producteurs sont impliqués, et Fresh From the Farm tente de faire en sorte que le producteur le plus proche de l’école livre ses produits à celle-ci. Des activités éducatives sont également proposées. Entre autres possibilités, les enfants peuvent visiter les fermes où sont produits les légumes qu’ils vont pouvoir déguster. Les écoles reçoivent 40 % des bénéfices, les producteurs 50 %, et les 10 % restant reviennent à Fresh From the Farm pour la pérennisation du projet. L’objectif de ce dernier est de permettre à toutes les écoles de l’Ontario d’y participer.

Ces projets semblent voués à un bel avenir, car les écoles, qui ne connaissaient que très peu ce concept de levée de fonds avec des produits locaux, s’intéressent de plus en plus à ces démarches. Cela apporte une dimension éthique et responsable au financement des écoles, deux valeurs à ne pas négliger dans l’éducation.

Sources :

Entretien avec Isabelle Lemieux, directrice d’Accès Québec

Entretien avec Jonté Jyne, ATO Québec

Site web de Fresh From the Farm

Site web de Farm to School Manitoba

Entretien avec Tarin Schultz, coordonnateur de Farm to School Manitoba

Site web d’Équiterre

Entretien avec Murielle Vrins, coordonnatrice du projet Écoles enracinées, Équiterre