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Les retombées économiques et l’importance touristique de l’agrotourisme et du tourisme gourmand

Crédit: Lemay Stratégie

Alors que l’agrotourisme et le tourisme gourmand sont considérés comme étant un secteur d’activités secondaire du tourisme et de l’agriculture, une étude a été lancée afin d’évaluer pour la première fois les retombées économiques et l’importance de ces activités, tant pour les producteurs que pour l’économie régionale. Cette enquête réalisée au cours de 2016 montre que l’agrotourisme et le tourisme gourmand ont connu une forte croissance au cours des dernières années, et que ces activités gagnent en ampleur au sein du produit touristique global. Au cours des cinq dernières années, ces deux secteurs ont enregistré une croissance de 75 %, et il est prévu que ceux-ci croîtront de 86 % au cours des cinq prochaines années, ce qui correspond à la croissance prévue la plus élevée au sein de l’ensemble du secteur touristique.

Cette enquête a permis de répertorier 1 841 entreprises œuvrant dans ce secteur d’activités au Québec (789 en agrotourisme et 1 052 en tourisme gourmand). Les entreprises agrotouristiques sont principalement des fermes fruitières et maraîchères qui proposent aux touristes des activités récréatives ou éducatives telles que la classique visite à la ferme. Cela leur permet également de vendre leurs produits. En ce qui concerne le tourisme gourmand, la majeure partie des entreprises sondées sont des restaurants.

L’agrotourisme et le tourisme gourmand sont les deux types d’activités touristiques qui accueillent le plus grand nombre de touristes. Les entreprises sondées ont reçu 25,9 millions de visites en 2015. Elles devancent ainsi d’autres activités telles que le ski (5,9 millions de visites), ou encore la visite de musées (14 millions de visites) ou de parcs naturels (25 millions de visites). Ces 25,9 millions de visites se répartissent de la manière suivante : 10,6 millions (41 %) en agrotourisme, et 15,2 millions en tourisme gourmand (59 %). Le nombre moyen de visites par entreprise est de 14 000, bien que la majorité d’entre elles en accueillent entre 5 000 et 10 000 (parmi l’échantillon, de grosses entreprises font augmenter la moyenne).

Depuis les trois dernières années, le nombre de touristes est en hausse pour 72 % des entreprises. La croissance observée pour ce secteur est plus forte que pour l’ensemble de l’industrie touristique. La majorité des touristes sont des Québécois (89 %) qui visitent leur région. La plus grande affluence touristique dans les entreprises survient entre juillet et septembre, ce qui correspond à la période de l’année où l’activité et la production de ces entreprises atteignent un sommet.

En ce qui concerne les retombées et les apports économiques, les activités d’agrotourisme et de tourisme gourmand de ces entreprises ont globalement généré des revenus de 485 millions $. Ce montant représente 52 % du chiffre d’affaires total de ces entreprises, ce qui indique que les activités d’agrotourisme et de tourisme gourmand constituent une source substantielle de revenus pour celles-ci. Par ailleurs, les entreprises dépensent collectivement 218 millions $ pour ces activités. La possibilité de générer des profits est par conséquent intéressante. À l’instar de l’achalandage, la majorité des entreprises (78 %) ont observé une augmentation de leur chiffre d’affaires au cours de la période comprise entre 2012 et 2015. Cette augmentation est un peu plus importante pour les entreprises œuvrant en agrotourisme. En outre, il est possible de constater que chaque visite rapporte davantage aux entreprises qu’auparavant.

Les entreprises investissent en moyenne 41 000 $ par année dans leur offre d’activités d’agrotourisme et de tourisme gourmand. Les dépenses et les investissements dans l’agrotourisme et le tourisme gourmand s’élèvent à près de 300 millions $. Il est estimé que ces dépenses et ces investissements contribuent directement au PIB québécois à hauteur de 187 millions $, et qu’elles rapportent 29,5 millions $ au gouvernement du Québec sous forme d’impôts sur le salaire (4,1 millions $), de taxes indirectes (3,1 millions $) et de parafiscalités (22,3 millions $). Cela représente une contribution non négligeable, particulièrement pour un secteur longtemps considéré comme étant de moindre importance ou un produit de soutien.

Bien que les touristes n’aient pas été interrogés dans le cadre de cette enquête, il est possible d’estimer assez précisément le montant qu’ils ont dépensé en s’adonnant à l’agrotourisme ou au tourisme gourmand, et d’ainsi déterminer l’apport économique de ces deux activités pour le tourisme en général. Cet apport se chiffre à 473,5 millions $; 44 % de ce montant ont été directement dépensés chez les exploitants en agrotourisme et en tourisme gourmand, et les 56 % restants ont été dépensés dans d’autres secteurs de l’industrie touristique tels que le transport, l’hébergement, etc. Ce montant témoigne de l’importance de l’agrotourisme et du tourisme gourmand, de même que de sa contribution à l’ensemble de l’industrie touristique.

Cette enquête a donc permis de mettre en lumière les retombées de ces activités touristiques souvent mésestimées et de montrer leur importance, tant pour les exploitants que pour les régions.


Source :

Lemay Stratégies. 2016. Retombées économiques et importance touristique de l’agrotourisme et du tourisme gourmand. Rapport final.