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Marchés solidaires aux abords des stations de métro : une décennie qui porte ses fruits

Carrefour alimentaire Centre-Sud

Alors que le Marché solidaire Frontenac fêtera son dixième anniversaire cette année, l’heure est au bilan. Les marchés solidaires sont un exemple de mise en marché de proximité qui allie les aspects environnementaux, sociaux et économiques du développement durable. Il y a trois marchés solidaires sur l’île de Montréal. Situés aux abords des stations de métro Frontenac, Sauvé et Cadillac, ces marchés se trouvent dans des déserts alimentaires où la population dispose d’un faible pouvoir d’achat. L’objectif est donc double : multiplier les points d’accès à de la nourriture saine et fraîche dans des endroits où les commerces alimentaires manquent, tout en demandant des prix raisonnables pour les produits afin d’améliorer l’accessibilité financière à une alimentation saine.

Ces marchés animent la vie de quartier depuis plusieurs années (dix ans pour Frontenac, sept pour Sauvé, et deux pour Cadillac). Ils sont ouverts de juin à novembre, cinq jours par semaine. Les marchés solidaires sont membres des Marchés publics de Montréal, tout comme les marchés Jean-Talon et Atwater.

Le projet du Marché solidaire Frontenac est né en 2007 d’une initiative citoyenne qui visait à améliorer l’offre en aliments sains et frais à prix abordable dans le quartier Centre-Sud. En 2016, l’initiative a permis de rejoindre plus de 15 000 personnes. Le Marché remplit plusieurs fonctions importantes : « En plus de bonifier l’offre alimentaire au cœur du quartier Centre-Sud, il se veut un espace de rencontres et d’échanges, une vitrine de diffusion culturelle et un terrain propice à la mobilisation citoyenne autour des enjeux de l’alimentation ». Les marchés embauchent des employés pour assurer la vente des légumes. En 2017, le Marché solidaire Frontenac souhaite expérimenter le bénévolat pour permettre une baisse des coûts des aliments vendus. Une personne offrant bénévolement quatre heures de son temps bénéficiera de 20 % de remise sur le prix des légumes.

L’approvisionnement des marchés solidaires constitue un important défi. À l’origine, les marchés étaient approvisionnés par les producteurs périurbains qui venaient une à deux fois par semaine pour y vendre leurs légumes. Cependant, l’objectif du marché étant d’offrir des prix bas, les agriculteurs n’y trouvaient pas toujours leur compte. Les trois marchés s’approvisionnent dorénavant au marché central et au Marché Jean-Talon. Depuis deux ans à Cadillac, l’agriculture urbaine fournit une partie importante des produits. Plus de 80 % des aliments vendus sont produits en ville par Paysage Solidaire, une initiative qui vise à développer des sites d’agriculture urbaine dans le quartier. À Frontenac, ce sont surtout les herbes qui sont cultivées en milieu urbain, dans une serre communautaire gérée par Sentier Urbain. Les cultivateurs sont des jeunes en insertion socioprofessionnelle. De plus, les produits transformés vendus au marché proviennent d’une cuisine collective du quartier. Cela permet de réduire le gaspillage alimentaire tout en générant des profits pour le marché.

Il est important pour ce type de marché de s’adapter et de trouver un juste milieu entre l’accès abordable aux aliments pour les populations démunies et la capacité d’offrir une rémunération adéquate pour l’agriculteur.

Le financement des marchés solidaires constitue un autre défi important. Les subventions sont essentielles à la survie de ces marchés. Pour le Marché solidaire Frontenac, l’aide financière provient de l’arrondissement Ville-Marie, qui fait de l’accès à la bonne alimentation un droit. Pour les autres marchés, les subventions proviennent notamment du programme Québec en forme. Au-delà de la viabilité financière, les marchés solidaires jouent un rôle essentiel en raison de leur mission sociale et nourricière.

Fabie Gauthier Carrière, responsable du marketing et du développement au Marché solidaire Frontenac, souhaite également souligner l’importance de l’expertise des agriculteurs pour développer ce type de projets. En effet, à la suite de l’établissement d’un partenariat avec les producteurs rattachés au Marché Jean-Talon, les marchés solidaires ont pu bénéficier de conseils pour mettre sur pied cette initiative. En contrepartie, les producteurs du Marché Jean-Talon se voient valorisés et se font connaître dans les marchés solidaires. Grâce à la traçabilité des produits, les clients peuvent connaître leur origine et le nom de leur producteur.

Sources:

Entretien avec Fabie Gauthier Carrière, responsable du marketing et du développement au Marché solidaire Frontenac, Carrefour alimentaire Centre-Sud

Site web du Carrefour alimentaire Centre-Sud

Site web des Marchés Publics de Montréal