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TROIS CAMPS DE JOUR POUR S’INITIER À L’AGRICULTURE SCRUTÉS À LA LOUPE

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 Le nombre actuel de fermes au Québec représente moins du quart de celui d’il y a 100 ans. Si bien que les gens sont de plus en plus déconnectés du lieu de production des aliments qu’ils consomment. Pour pallier ce problème, de plus en plus d’initiatives voient le jour afin d’apprendre aux enfants le chemin que parcourent les aliments de la fourche à la fourchette, tout en faisant le lien entre l’environnement, l’agriculture, et l’alimentation durable. Les camps de jour qui se tiennent en milieu agricole en sont des exemples. Bien qu’il existe plusieurs de ces camps de jour au Québec, nous présentons ici trois camps de jour situés à moins d’une heure de route de Montréal.

Il y a plus de 12 ans que la ferme éducative et écologique Panier Nature a commencé ses camps de jour à Saint-Lin. Chaque jeudi durant l’été, une vingtaine d’enfants de 5 à 12 ans prennent leurs aises dans les jardins d’Annie Robin, propriétaire et permacultrice. Les enfants s’initient alors au jardinage, à la poterie, à l’herboristerie, et même à la savonnerie.

Chez Fous de Nature, le camp de jour, qui a commencé cet été, se déroule à la Fermette du Paysan à Saint-Amable, une ferme membre du Réseau des fermiers de famille d’Équiterre. Il s’agit d’un projet pilote de trois semaines géré par Anne-Françoise Rocheleau, qui partage sa passion pour la nature avec les enfants depuis près de 20 ans. Lors du camp de jour, la journée commence par une chasse aux œufs dans le poulailler. Les récoltes, les plantations aux champs ainsi que les activités culinaires occupent une place importante dans la programmation estivale.

École-O-Champ, enfin, est un camp de jour bilingue qui accueille une cinquantaine d’enfants par semaine. Créée par une association étudiante de l’Université McGill chapeautée par trois étudiants dont Valérie Toupin-Dubé, la lauréate de la bourse Laure-Waridel en 2015, École-O-Champ se donne pour mission d’introduire les sciences agricoles, environnementales et alimentaires dans les écoles. C’est en 2014 qu’a commencé son programme de camps estivaux; pendant trois ans, ces camps ont eu lieu à la ferme du campus Macdonald. Cette année, ils se tiennent à la Ferme Quinn à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. École-O-Champ offre des camps thématiques axés sur l’alimentation ou les techniques agricoles. Un mini-marché est aménagé chaque vendredi, où les parents peuvent acheter des produits frais. Puis, les parents et les enfants s’affrontent lors d’un jeu-questionnaire afin de tester leurs nouvelles connaissances en écologie, biologie, entomologie, ou botanique.

L’équipe d’École-O-Champ souhaite implanter des camps clés en main sur d’autres fermes. Tout comme Phil et Stéphanie Quinn, beaucoup d’agriculteurs ont envie de faire connaître leur métier et de partager leur passion pour l’agriculture, mais ont l’impression de ne pas avoir les ressources nécessaires pour le faire. Pourtant, les camps de jour n’ont pas un grand besoin en infrastructures. Il faut disposer d’un espace sécuritaire et de toilettes; du reste, bien que disposer d’une cuisine soit un atout, la nature et les champs restent le principal terrain de jeu. Il ne reste plus qu’à École-O-Champ à adapter le contenu des activités afin qu’il reflète le contexte de la ferme où celles-ci ont lieu.

Les camps de jour à la ferme ont une forte influence sur les enfants. À la fin de leurs vacances, les jeunes parviennent à mieux cerner les enjeux du système alimentaire local, en plus de faire le lien entre le champ et leur assiette. Ils sont beaucoup plus conscients des conséquences de leurs gestes quotidiens, et acquièrent des comportements écoresponsables. De retour à l’école, certains d’entre eux prennent l’initiative de créer un potager ou un comité environnemental. Cette influence s’étend bien souvent aux parents puisque ces derniers sont également en contact quotidien avec la ferme lorsqu’ils déposent leurs enfants au camp. De plus, le mini-marché leur permet de découvrir la production locale, ce qui a un effet à plus long terme sur les habitudes d’achat et alimentaires de la famille, en plus de soutenir l’économie locale.

Sources:

Entretien avec Anne-Françoise Rocheleau, fondatrice de Fous de Nature, et Carl Fonner, propriétaire de la Fermette du Paysan.

Entretien avec Annie Robin, propriétaire de la ferme éducative et écologique Panier Nature.

Entretien avec Valérie Toupin-Dubé, cofondatrice d’École-O-Champ, et Simon Brault et Daniel Sutherland, membres de l’équipe.

Site internet de la ferme éducative et écologique Panier Nature.

Site internet de Fous de Nature.

Site internet d’École-O-Champ.