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La voiture électrique en 5 questions

VÉ en 5 questions


Découvrez quels sont les différents types de véhicules électriques, quelles sont les options de recharge, quel est son coût et les économies potentielles, les enjeux reliés à l'autonomie sont-ils réels et qu'en est-il de son impact environnemental ?


 

QUELS SONT LES DIFFÉRENTS TYPES DE VÉHICULES ÉLECTRIQUES?

Il existe quatre types de véhicules à composantes électriques, que ce soit au niveau du moteur, du système de freinage ou de la présence d'une batterie rechargeable.

 Source : Hydro-Québec. 2017. Choisir son véhicule électrique.

Pour connaître les modèles de voitures électriques disponibles au Québec, vous pouvez consulter le site de l'Association des véhicules électrique du Québec (AVÉQ) ou de l'Institut du véhicule innovant (IVI).

Comment fonctionne la recharge?

La recharge se fait essentiellement à la maison et au travail (90 %). On quitte généralement la maison avec la batterie rechargée au maximum de sa capacité. De plus en plus d’employeurs offrent gratuitement la recharge à ses employés permettant aux électromobilistes de parcourir de plus grandes distances quotidiennes avec leur véhicule électrique.

La recharge peut se faire aussi lors de ses déplacements grâce à un réseau de bornes public, soit au moment de faire ses courses ou lors des loisirs ou encore lors de déplacements de plus longues distances grâce à un réseau de bornes de recharge public situées le long des principaux axes autoroutiers.

Pour bien planifier ses déplacements et connaître l’emplacement et la disponibilité des bornes de recharge, il existe différentes applications qui affichent, en temps réel, l’utilisation du réseau. Les applications Plugshare et Charge hub en sont quelques exemples.

Recharge de niveau 1 - 120 V

Tous les véhicules sont munis d’un chargeur portatif de 120 V qu’on peut brancher dans n’importe quelle prise électrique murale. Bien qu’elle soit largement accessible, ce type de recharge sert surtout de dépannage lors de visite ou encore pour les plus petites batteries des véhicules hybrides rechargeables (20 à 40 km d’autonomie) puisque la recharge complète peut prendre jusqu’à 34 heures. Ce type de recharge se fait à une vitesse moyenne de 6 km d’autonomie/heure de recharge.

Recharge de niveau 2 - 240 V

La recharge de niveau 2 sur borne de 240 V est 4 à 5 fois plus rapide que la recharge de niveau 1 (une vitesse d’environ 30 à 40 km d’autonomie/heure de recharge). Elle s’installe souvent à la maison, à l’aide d’un électricien et généralement sans modification à l’alimentation électrique de la maison. Le gouvernement du Québec offre une subvention pouvant aller jusqu’à 600$ pour l’achat et l’installation des bornes de recharge à domicile. On la retrouve également sur les réseaux publics de recharge, sites de municipalités, chez certains commerçants et employeurs.

Recharge de niveau 3 - 400 V

Aussi appelées BRCC (borne rapide à courant continu), elles font partie généralement d’un vaste réseau de bornes public, le Circuit électrique d’Hydro-Québec. Elles sont dites rapides car elles permettent de gagner en moyenne 200 km d’autonomie/heure de recharge. Ces bornes sont surtout utilisées pour les plus longs déplacements et sont localisées principalement le long des principaux axes autoroutiers.

Recharge en condominium

Si vous habitez dans un condo, il est tout de même possible d’installer une borne de recharge à votre domicile. Toutefois, vous devez obtenir l’autorisation du conseil d’administration. Pour obtenir un portrait clair de la situation, le mieux est de consulter un maître électricien. Il pourra déterminer s’il est possible de relier les stationnements aux compteurs d’électricité par un câble électrique. Toutefois, la meilleure solution demeure l’installation d’un contrôleur de charge pour véhicule électrique puisqu’elle permet de facturer l’électricité directement sur le compte d’Hydro-Québec du ou des copropriétaire-s.

Afin de choisir l’option la plus appropriée, consultez un expert en recharge ou un électricien.

Source : Hydro-Québec. La recharge des véhicules électrique. 2017.

La voiture électrique coûte-t-elle réellement plus chÈrE qu’une voiture à essence?

Il est vrai que le prix à l'achat d'une voiture électrique est souvent plus élevé que celui d'une voiture à essence. Toutefois, il ne faut pas oublier les rabais à l'achat accordés par le gouvernement, qui s'élèvent à 8 000 $ pour une voiture neuve et à 4 000 $ pour une voiture usagée. De plus, si le coût d'utilisation du véhicule est considéré, la voiture électrique est beaucoup plus économique : pas d'essence à acheter, peu de frais d'entretien et des assurances beaucoup moins chères! Pour un Québécois qui parcourt en moyenne 20 000 km par année, le surcoût à l'achat sera ainsi absorbé dans un intervalle d'une à trois années, après quoi il économisera près de 2 500 $ par année.

Et ce n’est pas tout. Vous pourriez économiser encore plus en achetant une voiture électrique usagée, sur laquelle la dépréciation est déjà amortie.

Des économies à l’entretien et pour les assurances

L’économie sur l’entretien du véhicule électrique ne tient compte que de l’absence de changement d’huile et de la diminution du besoin d’entretien des freins. On estime pour les besoins de ce comparatif, le coût des changements d’huile à 60 $, 2 fois par année, sur le véhicule à essence. Les coûts d’entretien des freins sont estimés à 500 $/120 000 km pour le véhicule électrique et à 500 $/50 000 km pour la voiture à essence.

L’économie sur l’assurance est basée sur la réduction de 20 % offerte par beaucoup d’assureurs aux propriétaires de véhicules électriques. Consultez votre compagnie d’assurance pour plus de détails.

De plus, en étant propriétaire d'une voiture électrique, il est possible de bénéficier des avantages de la plaque verte : gratuité pour certaines routes à péage et certains traversiers, stationnement gratuit ou place VIP dans certaines municipalités et chez certains employeurs et accès à certaines voies réservées.

Visitez le site du gouvernement du Québec pour connaître l’ensemble des avantages de la plaque verte.

Pour consulter les références de la vidéo.

La voiture électrique répond-elle aux besoins de déplacements de la majorité des automobilistes Québécois?

Il existe maintenant plus d’une trentaine de modèles de voitures électriques et d’hybrides rechargeables disponibles sur le marché québécois. Il y en a donc pour tous les goûts et les budgets : que vous cherchiez une sous-compacte, une berline, une familiale ou même un véhicule utilitaire sport!

Pour vous assurer de choisir le modèle qui vous convient, vous devez d’abord identifier vos besoins de déplacements. Pour ce faire, vous devez additionner vos déplacements quotidiens (travail, garderie, école), vos déplacements fréquents (arrêts en route) et une marge pour la conduite hivernale et les petits imprévus. La voiture électrique perd en moyenne de 20 à 30% de son autonomie en hiver, mais par grands froids cela peut aller jusqu'à 50%. N’ayez crainte, la température moyenne en hiver est de -10 degrés seulement!

Les automobilistes québécois parcourent entre 20 et 50 kilomètres en moyenne par jour pour se rendre au travail, tandis que l'autonomie actuelle des véhicules électriques courants varie de 150 à 350 km. Il s'agit d'une autonomie bien assez grande pour assurer la plupart des trajets quotidiens.

Si vos déplacements occasionnels (4 fois par mois) comportent des trajets longues distances qui dépassent l’autonomie d’un véhicule électrique, il demeure important de vérifier la disponibilité des bornes de recharge rapides le long de votre parcours et à votre arrivée à destination. Il faut également estimer le temps moyen nécessaire pour la recharge de votre véhicule.

Pour les déplacements exceptionnels (une fois ou deux par an), il existe plusieurs autres options : utiliser la seconde voiture du ménage, emprunter un véhicule à un ami ou un membre de la famille, faire de l’autopartage ou encore louer un véhicule. La surévaluation des besoins a un impact sur le choix du modèle, le coût du véhicule mais également sur l’impact environnemental.

Pour plus de détails consultez la brochure Branchez-vous sur l’évaluation de vos besoins.

La voiture électrique est-elle un choix plus écologique que la voiture à essence?

Le véhicule le moins polluant demeurera toujours celui que l'on ne fabriquera pas. Toutetois, la voiture électrique lorsqu'elle se compare à son équivalent à essence sur l'ensemble de sa durée de vie (de l'extraction des matières premières à sa fin de vie) présente un impact moindre pour la majorité des paramètres environnementaux à l'exception de l'épuisement des ressources minérales (CIRAIG, 2016).

L’investissement environnemental de la voiture électrique se rentabilise au kilométrage roulé : plus elle est utilisée, moins grand sera son impact environnemental par rapport à la voiture à essence. Selon l'analyse du cycle de vie réalisée par le CIRAIG dans un contexte québécois,  la voiture électrique devient plus avantageuse du point de vue environnemental que la voiture à essence après 30 000 à 65 000 km roulés. Le nombre de kilomètres roulés dépend du paramètre environnemental considéré.

Là où l'impact environnemental de la voiture électrique est le plus intéressant demeure du point de vue des gaz à effet de serre (GES) émis tout au long de sa vie (de sa fabrication à sa fin de vie). Elle émet 80 % moins de GES sur 300 000 km (ou 65 % moins sur 150 000 km) que le véhicule à essence.

En revanche, cette même étude a analysé l'influence du mix énergétique du lieu de fabrication d'un véhicule électrique sur son empreinte environnementale. Les résultats ne sont pas aussi frappant qu'on pourrait le croire. Un véhicule électrique fabriqué majoritairement à partir d'énergies fossiles aura tout de même un impact environnemental moindre que son équivalent à essence (sur l'ensemble des paramètres compris dans l'analyse).

Par contre, le mix énergétique qui sert à produire l'électricité pour la recharge du véhicule a une influence plus marquante sur la quantité de GES émis par la voiture électrique. Là où le mix énergétique provient majoritairement d'énergies fossiles, la quantité de GES émis par la voiture électrique se compare à un petit véhicule compact à essence ou un véhicule hybride (Journal of indutrial ecology,  2013). Toutefois, au Québec où 98,5 % de l'électricité est issue d'une énergie renouvelable, la voiture électrique présente un avantage net sur le plan environnemental comparativement à la voiture à essenceé, soit le lieu tout désigné pour rouler électrique !

Hydro-Québec estime que le réseau québécois actuel d'électricité pourrait alimenter un million de voitures électriques supplémentaires, et ce, sans nécessiter une amélioration ou expansion importante du réseau. En fait, ce million de véhicules électriques ne représente que l’équivalent de 2 % de l’électricité consommée au Québec en 2015 (Hydro-Québec).

Dans un futur proche, on prévoit même que la généralisation de la voiture électrique motivera l’évolution des technologies «smart grid» ou de la gestion intelligente décentralisée de notre consommation énergétique, un secteur en émergence. Branchée la plus grande partie du temps à la résidence ou au travail, la voiture électrique pourrait permettre d’alimenter ponctuellement le réseau avec une connexion bidirectionnelle, permettant ainsi de réduire la demande électrique en période de forte consommation ou de retourner de l’énergie au principal fournisseur réduisant ainsi la facture d’énergie des propriétaires de voitures électriques et minimisant ainsi les enjeux liés aux périodes de pointe de la consommation énergétique.

Par ailleurs, il y a plusieurs autres utilisations potentielles pour les anciennes batteries de véhicules électriques qui consistent à créer des systèmes de stockage d'énergie qui servent à alimenter en électricité des bâtiments, des systèmes d'éclairage, etc.  Beaucoup d'avenir pour ce secteur qui est en pleine croissance et qui ne cesse d'innover pour limiter les besoins d'extraire de nouveaux matériaux et minerais.

Les batteries

Les batteries ont une garantie indiquée de 8 à 10 ans (ou 160 000 km) selon les fabricants. Ces dernières, après environ 150 000 à 200 000 km roulés (10 à 15 ans d'utilisation) conservent environ 80 % de leur capacité, soit assez d’énergie pour couvrir les déplacements moyens d’un québécois. Règle générale, la durée de vie utile de la batterie pour un véhicule va au-delà du temps d'utilisation moyen d'un véhicule. Une fois sa durée de vie utile complétée, elle pourra ensuite être:

  • Utilisée pour emmagasiner l'énergie nécessaire pour alimenter nos maisons et nos institutions;
  • Remise à neuf pour l’usage de nouvelles batteries ou d’autres applications;
  • Et ultimement recyclée, ce qui permet d'en récupérer les matériaux pour la fabrication d'autres produits, voire même de nouvelles batteries. Toutefois, cette filière est en développement et pour le moment encore complexe et donc coûteuse.

Comme pour d'autres filières industrielles, l'enjeu du recyclage demeure critique dans une perspective de développement durable. Pour rendre acceptable la transition vers l'électrification des transporst, il est primordial de minimiser les impacts liés à l’extraction des minerais (là où l'impact est le plus grand) dans le processus de fabrication et de tendre le plus possible vers une économie circulaire dans la fabrication des véhicules électriques. La grande valeur des matériaux utilisés, et leur importance géostratégique dans certains cas, motivera inévitablement l'amélioration de la législation et l'amélioration des procédés de recyclage et de reconditionnement. Ces avancées technologiques dans le domaine ne font que commencer.

De plus, il est important de faire des choix éclairés et tendre vers un véhicule qui répond à nos besoins courants. En surévaluant nos besoins, notre choix s'arrête sur des véhicules surdimensionnés ou encore à plus grande autonomie (plus grosse batterie) et qui répondront à des besoins exceptionnels tout en polluant plus et en économisant moins.

Vous êtes convaincu et prêt à acheter une voiture électrique?