| |
|
|
Transport écologique
S'informer
| |
|
|
| |
Fiches thématiques
Conférences
Lettres d'opinion et mémoires
|
|
| |
|
|
2. Automobile
L’automobile ou comment
exorciser cet obscur objet du désir
Popularisée au début du XX siècle,
l’automobile fait aujourd’hui partie intégrante
de nos vies. Elle est partout: sur les rues et les routes,
au cinéma, à la télévision, dans
les messages publicitaires télévisés et
imprimés, le long des routes, dans les revues, les
journaux… Et il ne semble pas que la tendance s’atténue,
car les gens s’en servent de plus en plus et y consacrent
une grande part de leur budget, pour de bons et de moins bons
motifs.
Ce que peu de gens semblent réaliser, toutefois, c'est que le recours de plus en plus répandu à la voiture entraîne des conséquences néfastes autant sur l'environnement, sur notre santé, sur notre qualité de vie que sur l'économie. Un petit tour d'horizon de ses impacts vous convaincra peut-être de repenser votre propre utilisation. Parce que chaque geste compte!
La face cachée derrière la publicité
Depuis les années 1950, les premières années
du «tout-à-l’automobile», l’homme
s’est mis à concevoir les villes et à aménager
le territoire en fonction de l’automobile. Aujourd’hui,
l’automobile occupe une grande place dans nos vies et
accapare beaucoup d’espace, amenant dans son sillage
une panoplie d’impacts. Ces répercussions touchent
la santé, l’environnement, l’économie,
l’utilisation du sol en milieux urbain et rural et l’extraction
des ressources naturelles.
La grande faucheuse de vies…
Depuis l’an dernier, le virus du Nil et la crainte d’attentats terroristes ont monopolisé l’attention des médias. Les morts issues de ces deux événements sont comptabilisées une à une. Pourtant, l’automobile a fait, durant la même période, beaucoup plus de victimes.
…sur la route
Selon l’Organisation mondiale de
la santé (OMS), l’automobile fait chaque année
environ un million de victimes.
…par l'air que nous respirons
La pollution de l’air générée par l’automobile est une autre grande cause de mortalité. Malgré les innovations technologiques, ces émissions sont très importantes. L’augmentation du kilométrage parcouru, la croissance constante du parc automobile et l’engouement pour les véhicules sport utilitaires, grands consommateurs d’essence, contribuent à accentuer le problème.
La planète perd la boule
Les polluants émis par la voiture sont responsables
en grande partie de la formation de l’ozone de surface
(principal ingrédient du smog), des pluies acides et
du réchauffement climatique. 37% des gaz à effet
de serre au Québec sont attribuables au transport.
Les conséquences sont de plus en plus nombreuses et
intenses.
Un cocktail… Molotov
Les polluants les plus néfastes sont le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d’azote (responsable de la formation de l’ozone), le monoxyde de carbone (CO), les particules, les composés organiques volatils (responsables de la formation de l’ozone), le benzène (gaz d’évaporation cancérigène émis lors du remplissage de la voiture), les aldéhydes (gaz cancérigènes provoqués par la combustion incomplète de l’essence) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (gaz très toxiques produits par les gaz d’échappement des moteurs diesel).
Une automobile, ça ne pousse pas dans les arbres:
on doit la produire et l'entretenir.
L’industrie automobile et l’industrie pétrolière émettent des polluants lors de
la fabrication des véhicules, du raffinage de l’essence, du transport du carburant, de l’utilisation
de l’automobile et de sa disposition finale.
La fabrication d’une automobile nécessite de grandes quantités de métaux et d’énergie, contribuant ainsi à un épuisement plus rapide de ressources non renouvelables.
La sédentarité: une
bombe à retardement
L’une des conséquences les plus
visibles de cette inactivité: l’obésité
a augmenté de plus de 50 % chez les enfants canadiens
âgés de 6 à 11 ans au cours des 15 dernières
années (Canadian Medical Association, 1998).
Impacts sur vos finances personnelles
Les publicités des fabricants automobiles vantent souvent la performance des moteurs, la beauté de leurs véhicules et leur utilité, mais ils cachent volontairement leurs coûts d’utilisation. Vous êtes-vous déjà arrêté à calculer combien vous coûte vraiment posséder une voiture?
Pour vous aider à calculer le coût de posséder une voiture, consultez la trousse Cocktail transport d'Équiterre (www.equiterre.qc.ca). Plusieurs tableaux vous indiquent les coûts de divers scénarios et vous permettent de faire vos propres calculs. Vous pouvez également consulter le site Internet du CAA (www.caa.ca).
Croître plus vite que la population…
Les Québécois semblent toutefois prêts à assumer ces coûts, car l’engouement pour l’automobile ne démord pas.
Pris dans le trafic, le compteur tourne…
L'accroissement du nombre de véhicules en circulation et de déplacements, observé aussi ailleurs au Québec, crée toujours plus de congestion sur les routes et les artères principales des villes. Cela a des répercussions sur l'économie et sur la société. Des sommes qu'on pourrait bien investir ailleurs…
Des véhicules énergivores et dangereux
Le nombre de voitures augmente, non sans conséquences
de toutes sortes. Cela est d'autant plus inquiétant
que cette tendance s'accompagne d'une autre croissance, celle
des ventes des véhicules sport utilitaires (VSU). Moussées
par une publicité très bien orchestrée,
les ventes de ces véhicules ont connu une hausse de
35% de 1995 à 2000. En 2000, plus du tiers des ventes
de véhicules neufs au Québec étaient
des VSU.
Pourtant, ces véhicules consomment plus d’essence,
ce qui a une répercussion significative sur son coût
d'utilisation. Ils sont par ailleurs 50% plus polluants que
les autres voitures. De plus, les VSU émettent plus
de polluants précurseurs du smog (composés organiques
volatils [COV] et oxydes d’azote NOX 70%
plus) que les voitures. Enfin, leur sécurité laisse
à désirer puisque les risques de capotage y
sont plus grands. Selon l’organisme américain
National Highway Trafic Safety Administration (NHTSA), les
VSU sont en effet responsables de 37% des capotages mortels,
contre 15% pour les voitures.
Pour en savoir davantage sur le rendement (consommation d'essence
et émissions de CO2) des différents modèles
de véhicule, visitez le site Internet de l'Office de
l'efficacité énergétique de Ressources
naturelles Canada (http://www.oee.nrcan.gc.ca).
Les chiffres parlent d'eux-mêmes… Posséder
un gros véhicule coûte non seulement plus cher,
à l'achat, mais aussi par sa consommation plus importante
d'essence, sans compter qu'il pollue plus pour la même
distance.
Des solutions existent pourtant
Bien déprimant comme portrait! Mais vivre sans voiture
ou en réduisant son utilisation, est-ce possible? Oui,
et c'est même un choix économique, écologique
et efficace. D’ailleurs, un nombre élevé
de citadins ont fait volontairement le choix de ne pas posséder
de voiture. Ainsi, selon l’enquête Origine-Destination
de 1998, 33% des ménages montréalais vivent
sans voitures. À Montréal, 50% des personnes
qui se rendent au centre-ville tous les jours empruntent les
transports en commun. Certains sont même très
fiers de leur état. C’est le cas de Martin Audet,
résidant du Plateau Mont-Royal, qui a répondu
à un appel d’Équiterre invitant ses membres
à s’exprimer sur leur mode de vie sans voiture.
Il écrit: «À ceux qui me demandent si
je me rends compte de ce que je manque parce que je n’ai
pas d’automobile, je leur réponds par la même
question: vous rendez-vous compte de quoi votre dépendance
à l’automobile vous prive?» Il ajoute :
«Ce choix [de ne pas avoir d’automobile] est devenu
une source de fierté personnelle […]. Fierté
de faire partie de la solution et non du problème […].
Fierté d’avoir fait un choix individuel et collectif
intelligent. Fierté de vivre en meilleur accord avec
mes valeurs.»
À ceux qui, comme M. Audet, souhaitent vivre sans posséder une voiture, sachez qu’une panoplie de solutions de rechange existent. Combinez plusieurs moyens de transport et les possibilités sont illimitées. Parions que vous serez en meilleure forme, que votre gestion du temps sera plus efficace et que vous trouverez bien quoi faire avec vos économies!
Mode de vie Cocktail transport
Il est possible, voire avantageux, de vivre en ayant moins
recours à la voiture. Si malgré cela vous ne
pouvez absolument pas vous passer d’une automobile, pourquoi
ne pas vous tourner vers les modèles les moins énergivores
et les moins polluants? Depuis quelques années, il
existe des modèles hybrides (gaz/électrique)
dont le rendement énergétique est grandement
supérieur aux voitures ordinaires. Un modèle
hybride consomme cinq litres d’essence aux 100 kilomètres,
soit 50% moins d’essence qu’une voiture à
essence de même catégorie. Vous pouvez aussi
consulter le document de l'Office de l'efficacité énergétique
sur les rendements des véhicules pour savoir lesquels
consomment et polluent moins.
Un petit changement dans nos habitudes de déplacement peut avoir un impact positif très significatif. Adopter le Cocktail transport comme mode de vie est bénéfique à la fois pour votre santé et celles de vos proches, pour votre portefeuille, pour votre emploi du temps et pour l'environnement. Essayez-le, on y gagne tous!
Ressources:
|