Non aux sables bitumineux au Québec
L’exploitation des sables bitumineux en Alberta constitue actuellement un des plus graves problèmes environnementaux de la planète en plus de maintenir le Canada dans une logique de dépendance au pétrole et d’exportateur de ressources naturelles primaires. Alors que le niveau de production actuel engendre déjà des impacts colossaux sur l’eau, la forêt et le climat, compagnies privées et gouvernements cherchent à tripler la production actuelle d’ici 2020.
Les sables bitumineux sont aux portes du Québec
La compagnie Enbridge a déposé une demande à l'Office national de l'énergie (ONÉ) pour inverser le flux de son pipeline et y acheminer des sables bitumineux vers Montréal.
L’ancien projet Trailbreaker était d’inverser le flux des pipelines des compagnies Enbridge et Montréal Pipeline jusqu’à Portland (Maine).
Pour l’instant, l’ONÉ a accepté l’inversion du pipeline jusqu’à Westover (ON) et doit se prononcer cette année sur la partie jusqu’à Montréal.
Doit-on penser que l’objectif de Enbridge est d’atteindre Portland pour exporter davantage, donc produire davantage et surtout vendre à un prix plus élevé ?
L'ONÉ permet aux citoyens d'intervenir dans le processus pour poser des questions (exemple de questions). L'Office a publié le processus de consultation afin d'intervenir dans le dossier. Les citoyens ont jusqu'au 11 avril pour présenter une demande de participation.
Le prix de l'essence à la pompe ne baissera pas avec l'arrivée du pétrole issu des sables bitumineux! (source : Mathieu D'Anjou, économiste principal, Desjardins études économiques)
Le processus d’exploitation des sables bitumineux dans son ensemble, et ce jusqu’à la pompe, émet 82% plus de GES que le pétrole conventionnel! (sources : Agence de protection de l'environnement américaine - en anglais seulement)
Une exploitation qui coûte cher au Québec
Pour le Québec et les autres provinces non-productrices de pétrole, l’exploitation des sables bitumineux coûte cher. En plus des allègements fiscaux particuliers et des généreuses subventions accordées par le gouvernement fédéral totalisant 1,3 milliards de dollars par an, la «pétrodollarisation» de la devise canadienne nuit gravement aux autres secteurs d’exportation, notamment le secteur manufacturier. Dans une dynamique de fédéralisme qui favorise les sables bitumineux, le Québec et d’autres provinces comme l’Ontario s’en retrouvent inévitablement pénalisées.
Le projet Trailbreaker
Au Québec, le projet Trailbreaker de la compagnie Enbridge qui visait à renverser le sens d’écoulement des oléoducs Sarnia-Montréal et Montréal-Portland permettant de nouveaux débouchés dans les grandes raffineries américaines de la côte Est, du golfe du Mexique et possiblement de Montréal.
Partie intégrante du projet, la construction à Dunham en Montérégie d’une station de pompage sur l’oléoduc entre Montréal et Portland dans le Maine avait été autorisée par la Commission de protection du territoire agricole. Contestée par un citoyen de la localité, avec le support d’Équiterre, la décision a été renversée par le Tribunal administratif du Québec, jugement reconfirmé ensuite par la Cour du Québec.
Enbridge : moins consulter pour accélérer
Mis sur la glace avec la crise économique de 2008, le projet Trailbreaker a été réactivé en 2011 sous une forme morcelée, afin d’éviter les consultations des groupes et citoyens concernés, ainsi que les évaluations d’impacts environnementales. Dans sa demande pour renverser la ligne 9 de son oléoduc entre Sarnia et Westover en Ontario, la compagnie soutenait qu’aucun lien n’existait entre ce nouveau projet et l’ancien Trailbreaker. La stratégie du morcèlement a également été utilisée par le promoteur du projet d’oléoduc Keystone XL vers les États-Unis, avec succès dans sa partie sud.
Sans surprendre personne, Enbridge annonçait publiquement en mai 2012 l’investissement de près de 3 milliards de dollars pour développer ses oléoducs afin d’acheminer le pétrole de l’Ouest canadien dans les raffineries de l’Est, en inversant entre autre la ligne 9 entre Sarnia et Montréal, tout en maintenant aux audiences publique en cours que Trailbreaker n'allait pas être réactivé.
Études en cours
- Suivi de la demande d'Enbridge à l’Office national de l’énergie sur l’inversion de l’oléoduc entre Westover et Montréal.
Pour approfondir ce dossier
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| Lettre au ministre Blanchet | 654.81 Ko |
| Carte représentant la Ligne 9 d'Enbridge au nord de Montréal | 1.55 Mo |
| Carte représentant le pipeline entre Montréal et Portland au sud de Montréal | 1.47 Mo |
| Exemple de questions pour l'Office national de l'énergie | 99.01 Ko |
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