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GNL Québec – Ce que vous devez savoir

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Le projet de GNL Québec consiste en un plan de construction d’un nouveau gazoduc qui
traversera le Québec jusqu’à la région du Saguenay, où est également prévue la
construction d’une usine de liquéfaction du gaz naturel qui y sera acheminé en vue de son
expédition à l’étranger.

Nous attirons ici l’attention sur des perturbations dans les écosystèmes et les collectivités
locales le long du tracé du gazoduc, sur des contrariétés pour l’industrie touristique du
Saguenay, sur le passage de super-méthaniers dans l’habitat des bélugas et sur le risque
élevé de fuites de méthane tout au long du processus. Pour aboutir à quoi? À ce que le gaz
naturel puisse être utilisé comme combustible dans d’autres pays, rendant encore plus
ardue notre lutte contre les changements climatiques. Continuez la lecture pour découvrir comment ce projet pourrait correspondre à l’annulation en une seule année de la majorité des réductions des émissions au Québec depuis 1990.

Voici ce que vous devez savoir à propos du projet de GNL Québec,
en 6 questions et réponses.

1. Quel est l’objectif du projet de GNL Québec?

Le projet de GNL Québec vise à acheminer au Québec le gaz naturel de l’Ouest canadien
pour l’expédition à des marchés internationaux. Pour ce faire, il prévoit deux plans de
construction :

  1. Un pipeline gazier (appelé Gazoduq) de 750 km qui sera relié, en Ontario, à un gazoduc existant de TransCanada pour acheminer le gaz naturel de l’Ouest canadien à la région du Saguenay.
  2. Une usine de liquéfaction du gaz (appelée Énergie Saguenay) dans le port de la rivière Saguenay, où le gaz naturel sera chargé dans des super-méthaniers qui passeront ensuite par une zone nationale de conservation sur leur route vers les marchés d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Amérique du Sud.

2. Quel en sera l’impact pour les collectivités et les écosystèmes locaux?

Le pipeline Gazoduq créera un corridor de 750 km qui traversera des zones boisées, ainsi
que de nombreuses rivières et aires protégées au Québec. Quarante-trois
collectivités québécoises et cinq communautés des Premières Nations se trouvant sur la
trajectoire du pipeline proposé seront également touchées.

L’usine de liquéfaction, Énergie Saguenay, dont la capacité de traitement prévue se chiffre à environ 44 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour, sera construite sur un terrain
appartenant à l’Administration portuaire du Saguenay. Les quelque 160 super-méthaniers
qui se rendront à cette usine chaque année devront traverser le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, de même que le parc national du Fjord-du-Saguenay. Cette zone
nationale unique de conservation, pôle de l’industrie touristique renommée du Saguenay,
protège non seulement les bélugas, mais aussi d’autres espèces à risque, comme le rorqual bleu, le rorqual commun et le marsouin commun, ainsi qu’un certain nombre d’oiseaux marins.

3. Le gaz naturel n’est-il pas une solution plus propre de remplacement d’autres combustibles fossiles?

D’aucuns considèrent que le gaz naturel est un combustible de transition que certaines économies pourraient utiliser pour abandonner le charbon, ce qui leur permettrait de réduire les émissions de CO2 durant la planification de leur évolution vers des sources d’énergie plus durables. Bien que le CO2 soit le plus important gaz à effet de serre (GES), il en existe beaucoup d’autres qui contribuent aux changements climatiques, dont le méthane qui est le principal composant du gaz naturel. Ce gaz est présent dans l’atmosphère en quantités plus petites que le CO2, mais il est toutefois beaucoup plus puissant, 86 fois plus puissant sur 20 ans pour être précis. Par conséquent, les émissions de méthane qui découlent de la combustion du gaz naturel influent grandement sur le réchauffement climatique, alors que les émissions de CO2 résultant de ce processus sont moindres en comparaison.

Qui plus est, le gaz naturel pose un grand risque de fuites, lesquelles peuvent se produire à
n’importe quel point de son cycle de vie (lors de l’extraction, du transport, du traitement, de
l’entreposage, etc.). Ainsi, outre les émissions issues de la combustion du gaz naturel, le méthane qui s’échappe lorsque se produisent des fuites réchauffe la planète si efficacement que le gaz naturel pourrait s’avérer pire que le charbon dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques.

C’est pourquoi il est si important que l’évaluation environnementale du projet de GNL Québec tienne compte de toutes les émissions de GES — en amont (lors de la
fracturation pour l’extraction et incluant toutes les fuites potentielles à chacune des étapes
préalables à l’expédition vers les marchés) et en aval, lorsque le gaz est expédié vers
d’autres pays et qu’il y est brûlé.

D’après une étude d’impact environnemental commandée par Énergie Saguenay au Centre
international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG),
laquelle tenait compte de toutes les émissions de GES en amont et celles générées par son usine, les émissions annuelles de GES associées à ce projet s’élevaient à un équivalent de 7,8 millions de tonnes de CO2. Ce résultat correspond à l’annulation en une seule année de la majorité des réductions des émissions au Québec depuis 1990.

Photo : Photo infrarouge d'une fuite de méthane, invisible à l'oeil nu

4. Que retirera le Québec de ce projet?

Il s’agit d’une affaire commerciale qui profitera aux entreprises québécoises et créera des
emplois à court terme, mais qui menacera en même temps des emplois existants,
notamment dans les secteurs touristique et agricole. Par ailleurs, pour les citoyens du
Québec, notre environnement et notre planète, le prix à payer dépasse de loin les
avantages. C’est une mauvaise affaire.

5. Que fait Équiterre pour arrêter ce projet?

Équiterre collabore avec le gouvernement fédéral et celui de la province afin d’assurer la
réalisation d’évaluations environnementales rigoureuses à chaque étape du processus.
Nous effectuons également des recherches sur les différents éléments et enjeux associés
au projet, et déployons des efforts pour mobiliser les citoyens contre ce projet, de concert
avec une coalition d’organismes locaux et provinciaux.

Pour un complément d’information au sujet des étapes successives du processus
d’évaluation, nous vous invitons à consulter notre dossier complet — GNL Québec.

6. Que puis-je faire pour arrêter ce projet?

Signez notre pétition pour dire non à GNL Québec! Parlez-en aux membres de votre famille, à vos amis et à vos collègues. Partagez nos billets sur les réseaux sociaux. Comme nous disposons collectivement de si peu de temps pour épargner à notre planète un réchauffement catastrophique, un nouveau projet associé aux combustibles fossiles au
Québec est la dernière chose dont nous avons besoin.