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Gaspé et Pétrolia : bonjour la démagogie !

Vous avez peut-être entendu parler de ce règlement de la Ville de Gaspé qui soustrait une certaine portion de son territoire à l’exploitation pétrolière.
Vous avez peut-être aussi entendu la réponse d’une partie du « Québec Inc. » en ce qui touche ce règlement. Non ? La voici.

Imaginez un peu : la Ville de Gaspé a décidé qu’il n’y aurait pas d’exploitation pétrolière à 350 m des résidences, à 1 km d’une baie où on cultive des moules et des huîtres et à 4 km d’une rivière à saumon trop près des réserves d’eau douce, des résidences ou encore du parc Forillon, un joyau du Québec. Non mais, quel culot !

Ce règlement a fait bondir plusieurs commentateurs québécois, comme Alain Dubuc de La Presse, qui a titré son article « Le sous-développement durable ». L’ancien premier ministre Bernard Landry a, quant à lui, senti le besoin de « ramener les écologistes à l’ordre », et le président de Pétrolia a déclaré que le règlement « outrepasse les pouvoirs de la municipalité et brime, de ce fait, des droits légitimement obtenus ».

Que répond le maire de Gaspé, François Roussy, à toutes ces critiques ?
Si toutes les municipalités de la Gaspésie adoptaient le même genre de règlement, c’est seulement 15 % du territoire qui serait soustrait à l’exploitation pétrolière. Il me semble qu’entre cette proportion du territoire et « le sous-développement durable » de M. Dubuc, il y a un monde.

La Ville de Gaspé a même invité Pétrolia à exploiter un site qui n’est pas en milieu habité et qui contiendrait trois fois plus de pétrole que le site visé par le règlement. Il me semble qu’il ne s’agit pas là de l’attitude de quelqu’un qui veut « stopper le développement », comme l’affirmait M. Landry.

Le maire de Gaspé a tenu à rappeler que Pétrolia n’avait toujours pas divulgué la liste des produits chimiques qu’elle allait utiliser pour faire ses forages, pas plus qu’elle n’a voulu préciser qui était responsable, et surtout, qui allait payer en cas d’accident.

Il semble, hélas, que pour une partie de l’élite économique québécoise, l’économie doive encore passer avant tout. C’est un peu navrant, j’étais convaincu que nous étions rendus ailleurs dans ce débat.

Chronique du Journal Métro