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L’autre dossier de l’OACI

 Jusqu’à ce qu’on apprenne que le siège social de l’Organisation de l’aviation civile international (OACI), qui est à Montréal depuis sa fondation en 1944, risquait de déménager, peu de gens connaissaient l’existence de cette organisation.

Nous savons maintenant qu’en travaillant de concert, les gouvernements de Mont­réal, de Québec et d’Ottawa ont réussi à garder ici le siège social de cette importante agence onusienne.

Cependant, le dossier du siège social de l’OACI a fait passer au second plan un autre dossier important, celui des émissions de GES du secteur de l’aviation. Cette industrie est responsable de 5 % des émissions globales de GES.

Ça peut sembler peu, a priori, mais ce secteur est l’un de ceux qui connaissent la plus forte croissance de leurs émissions de GES. Ainsi, on prévoit que, d’ici 2020, les émissions du transport aérien international seront plus élevées de 70 % de ce qu’elles étaient en 2005, et ce, même si on arrive à améliorer de 2 % par année l’efficacité énergétique des appareils. L’OACI prévoit que, d’ici 2050, ce taux pourrait grimper encore de 300 à 700 %. À l’heure où on demande à tout le monde de faire sa part pour réduire les GES, le secteur de l’aviation civile fait face à un reel problème.

Au cours de l’assemblée générale de l’OACI, qui va durer presque tout le mois de juin, les représentants des différents pays auront une occasion en or de s’attaquer à ce problème urgent. Le hic, c’est que ça fait près de 15 ans que les pays membres de l’OACI se sont engagés à mettre en place un système permettant de réduire les GES du secteur de l’aviation, et nous voilà 15 ans plus tard, Gros-Jean comme devant, sans avoir quoi que ce soit de concret sur la table.

L’Union européenne, lasse de voir tergiverser les États membres de l’OACI, a décidé en 2012 d’inclure unilatéralement le secteur de l’aviation dans son système de plafonnement et d’échange de GES. Vous auriez dû voir la réaction! Les pays membres de l’OACI comme la Chine et les États-Unis ont crié au meurtre, à la discrimination!

Ils ont maintenant l’occasion de corriger la situation en adoptant un système international. Espérons qu’ils la saisiront.

Chronique du journal Métro