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Pour une hause des exportations d'électricité vers l'Ontario

Blog - Steven Guilbeault

L’Ontario Clean Air Alliance (OCAA) et Équiterre ont proposé la semaine dernière aux gouvernements du Québec et de l’Ontario d’augmenter de façon significative les exportations d’électricité du Québec vers l’Ontario dans le cadre d’un contrat à long terme.

Plusieurs raisons nous ont incités à faire cette proposition. D’abord, le Québec dispose d’importants surplus d’électricité. Ensuite, le ralentissement économique américain et l’arrivée massive de gaz de schiste sur le marché des États-Unis ont entraîné une baisse significative des prix de l’électricité et, par conséquent, de la profitabilité de nos exportations.

Du côté ontarien, la province va devoir décider sous peu si elle ira de l’avant avec la rénovation de la centrale nucléaire de Darlington, qui répond à environ 20 % de ses besoins en électricité (plus de 3500 MW).

En fonction des interconnexions déjà en place avec l’Ontario, le Québec a, dès aujourd’hui, la capacité de fournir l’équivalent de 97% de la production annuelle de la centrale nucléaire de Darlington. Selon le document rendu public par l’OCAA et Équiterre, le prix de la rénovation de la centrale, si on le transpose en termes de tarif d’électricité, serait de l’ordre 8,3¢ le kilowattheure. Or, en 2010, Hydro-Québec a signé une entente à long terme (jusqu’en 2038) avec le Vermont au prix de 5,8¢ le kilowattheure.

Selon la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, dont les résultats ont été rendus publics fin 2013, le Québec vend la majorité de son électricité à ses clients américains à un prix moyen d’environ 3¢ le kilowattheure en vertu de contrats de courte durée.

Il y a la question des emplois reliés à la rénovation de la centrale de Darlington. Nous avions d’ailleurs fait le même exercice avec Gentilly 2 et étions arrivés à la même conclusion: le coût de sa rénovation et de son maintien en fonction était trop élevé.

Nous proposons donc de nous inspirer de l’entente avec le Vermont. En fournissant l’électricité nécessaire pour remplacer la production de la centrale de Darlington, Hydro-Québec pourrait fixer son prix de vente à 5,7¢ le kilowattheure, un chiffre bien supérieur au prix sur les marchés américains, et l’Ontario payerait son électricité 30% moins cher. Sur un horizon de 20 ans, l’Ontario pourrait économiser 12 G$, que les deux provinces pourraient se partager de façon équitable. Une vraie bonne affaire pour tous!

Pour suivre la chronique La vie en vert de Steven Guilbeault dans le journal Métro