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Quand dépendance au pétrole rime avec insécurité énergétique

par : 
Hugo Séguin
Blog - Carte US nuit 3

Ce premier billet de blogue d'une série de deux est écrit par Hugo Séguin, conseiller principal d'Équiterre sur les changements climatiques et l'énergie, et Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal et auteur de « L’avenir du Québec passe par l’indépendance énergétique », publié aux éditions MultiMondes.

Dans son discours au peuple américain la semaine dernière au sujet de la marée noire du Golfe du Mexique, Barack Obama rappelait une réalité toute simple : les États-Unis d'Amérique consomment plus de 20% du pétrole mondial alors que son territoire ne renferme que 2% des réserves mondiales. Il aurait pu ajouter qu’une bonne partie du pétrole qui fait rouler l'économie américaine est importée, trop souvent de régions ou de pays à la stabilité géopolitique plutôt problématique (Golfe persique), ou de régimes carrément hostiles ou imprévisibles (Venezuela). Pour Obama, la sécurité énergétique des États-Unis passe aujourd'hui par une transition vers des formes alternatives aux carburants fossiles.

Il a raison. Et ces raisons valent aussi pour le Québec, d'autant plus que le contexte mondial a changé au cours des dernières années.

Le monde ne flotte plus sur d'immenses stocks de pétrole à bon marché, capables de rassasier les appétits de croissance les plus voraces. Alors que la production des champs pétroliers conventionnels à travers le monde décline rapidement, les nouveaux gisements offrent un pétrole toujours plus coûteux à extraire, plus polluant et beaucoup plus difficile d'accès. Les nouvelles frontières d'exploitation s’éloignent constamment des côtes, que ce soit dans le Golfe du Mexique, au large du Brésil, de l’Angola ou de la Côte-est du Canada, ou ciblent le pétrole englué dans les plaines de l'Alberta ou du delta de l'Orinoco, ou encore dans les écosystèmes fragiles du Grand Nord. Au rythme actuel des découvertes, croire que ces nouvelles sources d'approvisionnement pourront répondre, à un prix raisonnable, à la demande croissante des économies émergentes de la Chine et de l'Inde, en plus de continuer de remplir les réservoirs à essence des centaines de millions de voitures roulant sur les routes d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Australie et du Japon relève de la pensée magique.

Même la très optimiste Agence internationale de l'énergie reconnaît maintenant qu’il faudra dénicher et mettre en opération, au cours des 20 prochaines années, six fois la production actuelle de l'Arabie Saoudite, le plus gros producteur mondial. Six fois. On aura beau additionner les barils et gratter les fonds de tiroirs, transformer l'Alberta en mine à ciel ouvert et cajoler les mannes du Vieux Harry, ça ne changera rien : nous serons toujours bien loin du compte.

Dans un tel contexte de crise d'approvisionnement, ce sont les prix qui agissent tels des régulateurs automatiques pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. Un pétrole plus dispendieux à extraire, une croissance exponentielle de la demande dans les économies émergentes, sans compter de grands pays producteurs qui subventionnent le pétrole à des prix dérisoires sur leurs marchés domestiques : le pétrole est un intrant énergétique dont le prix est appelé à grimper en flèche au sortir de la présente récession.

Et ce sont les consommateurs, incluant les Américains et les Québécois, qui passeront à la caisse. Alors que l'on tente de rétablir les équilibres financiers d’une économie affaiblie par la crise et qu'on cherche sous les moquettes des ministères pour trouver de quoi répondre aux commandes des coupures du Conseil du Trésor, le Québec verra sous peu des milliards de dollars supplémentaires filer hors de ses frontières pour nous procurer du pétrole plus rare, plus polluant et plus cher. Dans le contexte mondial actuel, notre dépendance au pétrole nous rendra plus pauvre et notre économie plus vulnérable.

Aujourd'hui, la sécurité énergétique passe par la réduction de notre consommation de pétrole. Nos cinq millions de voitures roulent au pétrole. Notre économie manufacturière dépend de camions, de trains, et (plus rarement) de bateaux fonctionnant au pétrole. Des centaines de milliers de ménages se chauffent encore au pétrole. La nourriture qui atterrit dans nos assiettes est gorgée du pétrole nécessaire à sa production et à son transport.

Sent-on une compréhension de cet enjeu au sein du gouvernement du Québec ? Au ministère des Finances, du Développement économique, des Transports ? Pas du tout. Tout au plus annonçons-nous des initiatives louables en les enrobant dans un discours de circonstance (comme l'électrification des transports, par exemple), alors qu'on n'a jamais autant investi dans le développement du réseau routier et qu'on laisse aux promoteurs le soin de transformer notre territoire agricole en quartiers monofonctionnels qui nous rendent davantage dépendants de nos voitures.

La seule façon de se prémunir d'une prochaine crise pétrolière, c'est de consommer moins de pétrole. Beaucoup moins de pétrole. Ce faisant, nous réduirons par la même occasion nos émissions de gaz à effet de serre. Mieux vaut faire ce travail nous-mêmes et trouver des solutions et créer des emplois ici même, plutôt que de laisser les lois du marché faire le travail à notre place.

Barack Obama lance un nouveau défi à la nation américaine. À quand un gouvernement qui fera la même chose au Québec et qui mettra en place les mesures nécessaires pour diminuer notre dépendance au pétrole, et ainsi améliorer notre sécurité énergétique ?

Deepwater Horizon; le Waterloo de la reprise économique ?

La marée noire pourrait s'avérer encore plus qu'un grave dégât écologique. En faisant chuter la valeur (boursière) de l'entreprise, en détruisant l'image corporative de BP (Beyond Petroleum you said ?) et obligeant le président à décréter un moratoire sur l’exploration offshore, elle force les autres majors et même les compagnies nationales à l'hésitation. Or, le pétrole off shore devant constituer au moins 30% de l'approvisionnement mondial en 2030 selon les scénarios de l'AIE, le ralentissement des investissements pose un défi sérieux pour l’approvisionnement du marché à moyen terme. Plus sérieux encore, est la possibilité de voir cette crise accélérer artificiellement la hausse des cours pétroliers et miner une reprise économique déjà fragilisée par la crise de l’Euro. Et si la thèse Rubin tient la route comme elle le devrait, cette crise dans le Golfe du Mexique pourrait symboliser notre entrée dans une ère de crises économiques à répétions. L’économie mondialisée actuelle n’arrivant pas à absorber des cours du pétrole trop élevés, elle entre en récession et transforme tout investissement dans les énergies alternatives, les transports collectifs, l’aménagement du territoire en un véritable chemin de croix pour les décideurs…Inquiétant. Nonobstant ce scénario, vu la rareté des réserves à leur portée, le temps est venu pour les majors de se diversifier vers les alternatives. Ne soyez pas surpris de voir les grandes pétrolières devenir des conglomérats aux portefeuilles épais dans le secteur des énergies propres et/ou alternatives, des transports durables, et de la construction écoénergétique. Eh oui, un jour nous pourrions même nous surprendre à avoir besoin de ces compagnies pour boucler nos bilans…how ironic.

Reduire n'est pas la meilleure solution de court terme

La sécurité énergétique ne passe pas tant par la réduction de notre consommation que par l’adoption des solutions déjà existantes mais négligées faute de lobby et de communication de masse en leur faveur.
  • Les marchés de la vraie vie ne sont pas aussi transparent et efficient que ceux enseignés dans nos écoles. Ils ne nous refilent pas les économies vertes auxquelles nous avons droit et qui sont technologiquement possibles. Ils sont biaisés à l'avantage des profits des décideurs pouvant se payer des lobbyistes (comme dans la construction) et œuvrant dans un monde mental ou la pollution et les guerres n'ont pas de prix.
  • Sinon comment expliquer le déséquilibre des appuis gouvernementaux favorable au maintient du statut privilégié qu'à le pétrole?
  • http://bit.ly/US_Oilexpenditures_1950to2006
  • Ou le besoin de dilapider de milliers de millions de $ sur le nucléaire traditionnel au Québec vs pour les même argents développer la filière au Thorium moins polluante mais ne permettant pas de faire des bombes?
  • Ou le manque d’intérêt depuis 2007 pour notre gouvernement pour la filière hydrolienne (30,000 MW renouvelables juste au nord du Québec)
  • http://bit.ly/Seanergy_Article_LeSoleil13Juin
  • http://bit.ly/Seanergy_1of4Renewable_Energy_Source
  • La bonne nouvelle est que des solutions existent et qu'elles seront démontrées par les alter énergistes 2 jours avant le congrès mondial des énergies de Montréal (sept 10-14) tant aux congressistes qu'au public mondial à travers les médias présents lors de cet événement.
  • Par exemple l'innovateur canadien Greg Vezina qui a depuis 30 ans un V8 zero Co2 coutant la moitié prix en carburant (fossile ou non). Ce co-fondateur du Parti Vert passait à la TV en 82 avec le ministre des transports M. Lalonde et après l'achat de Petro Canada plus rien, même que les rapports de recherche ont disparus de la bibliothèque servant au parlement...
  • Avec son savoir faire au Québec nous n'aurions plus a gaspiller 5-600 millions par an pour ranger le Purin et éviterions ainsi d'importer des milliards de $ en Pétrole chaque année. Pourtant les marchés ne sont pas présent dans ce cas depuis les 30 dernières années et nous payons au moins un demi CHUM par an en conséquence tout en polluant plus. http://bit.ly/Vezina2010Feature
  • Ou ces replicateurs de partout a travers le monde qui depuis 10 ans ne polluent plus en mettant de l'eau dans leur diesel et consomment 20 a50% moins de fuel. Évidemment des fermiers... c pas intéressant à la TV...
  • http://bit.ly/Greenergies_intro
  • Ou l'inventeur québécois M. Deshaie dont les autobus nous auraient coûtés la moitié du prix et seulement le tiers du carburant à utiliser,ce durant 40 ans!
  • L'ere académique du "pollueur payeur" ne marche pas et tire à sa fin.
  • Les solutions existent, montrons les et mettons en place l’ère du "payeur décideur"
  • On cherche de l'aide pour accueillir ces innovateurs et leur technologies à Montréal du 10 au 14 septembre, soit dans 11 lundis (Coordination; Communication; Développement)
  • Vert l'Avenir!
  • http://bit.ly/Greenergies_FBook