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Quelle sera votre cible Monsieur Trudeau?

Blog - Suivez Sidney Ribaux à Paris

Ayant contribué de façon constructive à l’accord de Paris, la ministre McKenna reviendra au pays la tête haute. Monsieur Trudeau sera fier de sa ministre de l’Environnement, nous aussi d’ailleurs.

Mais le travail ne fait que commencer pour madame McKenna et l’ensemble de ses collègues du Conseil des ministres (car rares sont les ministres qui ne seront pas appelés à contribuer). Paris sera pour eux le point de départ. Ils devront tous se retrousser les manches pour mettre en œuvre cet accord.

Ils devront premièrement adopter un plan d’action qui comporte des cibles qui sont conséquentes avec la science. Reconnaissant l’avis des scientifiques, l’accord de Paris vise à limiter l’augmentation de la température en deçà de 2 degrés Celcius et même tendre vers 1.5oC.

Cette cible signifie que le Canada devra produire et utiliser uniquement des énergies renouvelables d’ici 2050, au plus tard! Pour y arriver le gouvernement devra revoir la faible cible du Canada sur l’horizon 2030 dont il a hérité de monsieur Harper.

Pour plusieurs, parler de cibles de réduction des GES est synonyme de pelletage de nuages. Ils préfèrent se concentrer sur des mesures concrètes; des calculs d’ingénieurs : combien pourrons-nous réduire les émissions dans le charbon, combien dans le transport, etc. Le problème avec cette approche c’est que sans cible, il est impossible de mesurer le progrès.

Al Gore – qui a participé à la Conférence de Paris du début à la fin - aime bien raconter l’histoire suivante lorsqu’il parle du défi des changements climatiques :  en 1960, le président Kennedy a décidé que les États-Unis allaient mettre un homme sur la lune dans les dix prochaines années. À l’époque, c’était vu comme une cible extrêmement ambitieuse. Plusieurs se sont dits que les États-Unis ne pourraient jamais y arriver. Pourtant, avec cette cible, le président Kennedy avait mis les ingénieurs au défi. Il leur avait présenté un problème et demandé de trouver une solution. Et huit ans plus tard, un Américain a marché sur la lune.

Le point de monsieur Gore est simple : si la cible est claire, même si elle est ambitieuse, les ingénieurs et autres experts inventeront des moyens pour y arriver. La cible va forcer l’innovation. Elle va nous amener à penser au problème autrement.

Le Québec et l’Ontario ont déjà des cibles ambitieuses.

Espérons que monsieur Trudeau sera inspiré par les propos de monsieur Gore et les cibles de ses homologues provinciaux.