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Des experts des pesticides néonicotinoïdes présentent leurs résultats à Montréal : Les « néonics » sont dangereux et leur usage doit être restreint

MONTRÉAL, le 29 mai 2015 — Il est à présent démontré que les pesticides néonicotinoïdes représentent un danger pour un grand nombre d’organismes non ciblés, incluant les abeilles et autres insectes pollinisateurs, selon la méta-analyse de plus de 1 000 articles scientifiques revus par des pairs et conduite par 50 chercheurs du Task Force on Systemic Pesticides répartis à travers le monde.

« En tant que scientifique, je peux affirmer à la lumière de ces résultats que le danger est réel et qu’il est urgent d’agir afin de réduire la quantité de ces pesticides présents dans l’environnement » explique Jean-Marc Bonmatin. Le chercheur du Centre national de recherche scientifique de France, spécialiste des neurotoxiques chez les insectes et vice-président du Task Force, était de passage à Montréal aujourd’hui pour exposer, dans le cadre d’une conférence, les effets des « néonics » sur l’environnement.

La méta-analyse, évaluant plus de 1000 articles scientifiques publiés sur le sujet — incluant ceux financés par l’industrie — est la plus grande revue de littérature sur les effets environnementaux des pesticides néonicotinoïdes ayant été effectuée à ce jour. Elle a été publiée en janvier dernier dans le journal Environmental Science and Pollution Research.

« Au Québec, les recherches montrent que le niveau de mortalité des abeilles est 4 fois plus élevé pour les ruchers situés à proximité des cultures dont les semences sont traitées aux néonicotinoïdes », explique Madeleine Chagnon, professeure associée au département des sciences biologiques à l’Université du Québec à Montréal, qui a également participé à la revue de littérature et présentait l’état des recherches sur la question au Québec lors de la conférence. « Cela est très inquiétant et il faut agir rapidement », conclut-elle.

Le rôle central des pollinisateurs dans notre production alimentaire

Les abeilles et autres pollinisateurs jouent un rôle crucial dans notre production alimentaire : elles sont responsables de 70 % de la pollinisation de nos cultures alimentaires et le tiers des aliments que nous consommons provient de leur travail. « Restreindre l’usage des néonics est une étape importante pour améliorer et préserver la durabilité de nos systèmes alimentaires », dit Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

« L’Ontario propose actuellement un règlement afin de réduire de 80 % les superficies cultivées avec des semences de maïs et de soja traitées aux néonicotinoïdes d’ici 2017. Québec doit emboîter le pas sans tarder », affirme Lisa Gue, chercheure et analyste à la Fondation David Suzuki.

Utilisés depuis à peine une dizaine d’années, les « néonics » sont devenus la classe d’insecticides la plus utilisée dans le monde, occupant 40 % du marché des insecticides. Au Québec, la quasi-totalité des semences de maïs-grain et entre 50 et 75 % des semences de soya sont enrobées de néonics, ce qui représente environ 600 000 hectares de cultures chaque année.

Un rapport de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire divulgué accidentellement la semaine dernière démontre que les traitements de semences aux néonicotinoïdes n’apportent que peu de bénéfices à la production agricole canadienne, malgré leur utilisation très répandue.

Équiterre et la Fondation David Suzuki interpellent les ministres de chaque province afin de leur demander de restreindre l’usage des néonicotinoïdes : http://www.action.equiterre.org/ (Québec) et http://action2.davidsuzuki.org/neonics (Canada anglais).
Jusqu’à maintenant, plus de 85 000 lettres ont été envoyées par des citoyens à nos décideurs pour leur demander d’interdire les pesticides qui tuent les abeilles et d’autres espèces comme les oiseaux.

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Pour plus d’information :

Nadine Bachand, Équiterre
Tél. 514 213-3287/ nbachand@equiterre.org

Manon Dubois, Fondation David Suzuki
Tél. 514 679-0821/ mdubois@davidsuzuki.org