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Le Canada propose une cible mince pour la protection du climat

Ottawa, Canada. Le 15 mai 2015. Le Canada a annoncé aujourd'hui une cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % sous les niveaux de 2005 d'ici 2030. La cible proposée serait atteinte cinq ans plus tard que celles des États-Unis ; elle est aussi basée sur une comptabilité douteuse sur le rôle des forêts et les changements d'utilisation du territoire. De plus, elle comprend des crédits de GES internationaux afin de compenser les émissions croissantes des sables bitumineux au lieu de réglementer la source d'émission qui connait la croissance la plus rapide au pays.

L'approche fédérale quant au contrôle de la pollution qui perturbe le climat met en péril nos populations, nos communautés et notre économie à défaut de s'assurer que le pays se joigne à la marche mondiale vers un système d'énergies propres. L'annonce faite aujourd'hui par le gouvernement fédéral est l'une des plus faibles contributions dans le cadre des négociations de Paris sur le climat parmi le G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis).

Les États-Unis se sont engagés à réduire les émissions de GES de 26 à 28 pour cent sous les niveaux de 2005 d'ici 2025 ; l'Union européenne de 40 % sous les niveaux de 1990 d'ici 2030 ; et, on s'attend à ce que le Japon annonce 26 % sous les niveaux de 2013 d'ici 2030. La Chine s'est également engagée à réduire ses émissions l'automne dernier, y compris l’objectif de produire au moins 20 pour cent de son électricité par les énergies renouvelables, alors que l'Inde prévoit donner suite à un plan ambitieux en énergie renouvelable. Veuillez noter que la cible des États-Unis est de 2025, non pas celle 2030, et ils se sont engagés à atteindre cette cible par des mesures domestiques. L'Ontario et la Californie ont également annoncé des cibles plus importantes ; la Californie prévoit réduire ses GES de 40 % sous de 1990 d'ici 2030 et l'Ontario cible 37 %.

Afin de garder en sécurité nos populations, nos communautés, et notre économie, cela exige que le Canada se joigne à la communauté planétaire en faisant des réductions considérables de GES en s'éloignant de la combustion du charbon, du pétrole, et du gaz pour favoriser les énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien, et l'hydroélectricité. Le Canada se place maintenant parmi les 10 plus grands émetteurs de la planète. L'Alberta - site de l'extraction des sables bitumineux du Canada - est responsable de 73 % de la croissance des émissions de GES du Canada depuis 1990. Seulement une transition rapide vers un système d'énergies renouvelables, au Canada et autour du monde, assurera que nous puissions éviter des perturbations dangereuses du climat causées par un réchauffement planétaire accéléré.

Une analyse complétée pour les gouvernements, en prévision de la rencontre de négociations sur le climat à Bonn en juin, concluait que « limiter le réchauffement planétaire sous les 2 °C représente une forte réduction des émissions mondiales des gaz à effets de serre à court et à moyen terme, une neutralité planétaire en dioxyde de carbone dès le début de la deuxième moitié du siècle actuel, ainsi que des émissions planétaires négatives de gaz à effets de serre vers la fin du 21e siècle. Plus nous attendons pour réduire la courbe présentement croissante des émissions mondiales, plus il faudra faire chuter cette courbe, même avec des émissions négatives. Limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 °C exige une transition radicale (décarbonisation profonde dès maintenant et dorénavant), pas simplement un réglage plus minutieux des tendances actuelles. »

Au lieu d'opter pour les changements transformateurs nécessaires dans les systèmes d'énergie, le gouvernement fédéral a choisi de réglementer le méthane des secteurs pétroliers et gaziers, comme le font les États-Unis, ainsi que de traiter les émissions des produits chimiques (éthylène, styrène, méthanol et éthanol), et des engrais azotés (ammoniaque et acide nitrique). Contrôler les gaz à effets de serre comme le méthane et les oxydes d'azote est important, mais le Canada se doit d'aller plus loin dans le contrôle de tous les gaz à effets de serre. « Le Canada a refusé de réglementer la pollution par le carbone provenant des sables bitumineux, la source d'émissions qui s'accroit le plus rapidement au Canada, » déclarait Amin Asadollahi, de l'Institut Pembina.

« Ce qui est nécessaire, c'est un moratoire sur le développement des sables bitumineux et une élimination complète du charbon du secteur électrique, en combinaison avec un engagement de remplacer ces sources d'énergie sales par les énergies renouvelables, appuyées par des investissements en efficacité énergétique et en conservation. Malheureusement, l'annonce faite aujourd'hui ne fait rien pour mettre le Canada sur la voie d'une décarbonisation considérable, » expliquait Louise Comeau, directrice générale du Réseau Action Climat Canada.

« Une cible qui cadre avec le consensus scientifique verrait le Canada s'engager à réduire GES à l'échelle nationale d'au moins un tiers d'ici 2025 (35 % au-dessous de 2005) en combinaison avec 4 milliards de dollars par année de financement international sur le climat d'ici 2020, » ajoutait Steven Guilbault, d'Équiterre. Les investissements internationaux viseraient à générer des réductions mondiales équivalentes à ce qui reste des émissions de gaz à effets de serre du Canada.

Les changements climatiques et l'environnement sont des enjeux majeurs pour les Canadiens. Plus de 25 000 personnes de l'ensemble du Canada se sont rassemblées à Québec ce printemps pour la grande marche sur le climat des derniers 15 ans dans cette ville. Elles demandaient des dirigeants une protection du climat, un arrêt de l'expansion des sables bitumineux et des oléoducs ainsi qu'une transition équitable vers des ressources d'énergie renouvelables. Les entreprises, les groupes environnementaux et les Premières Nations voient tous la valeur de bâtir une économie à faible intensité de carbone.


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Pour plus d'information:
Louise Comeau, 1-506-238-0355; lcomeau@climateactionnetwork.ca;
Steven Guilbault, Équiterre, guilbeault@equiterre.org , 1-514-231-2650;
Dale Marshall, Environmental Defence, dmarshall@environmentaldefence.ca , 1-613-868-9917;
Amin Asadollahi, Pembina Institute, 613-282-3128, amin@pembina.org


Climate Action Network Canada – Réseau action climat Canada (CAN-Rac Canada) est une coalition non partisane de plus de 100 organismes à travers le pays qui tiennent à coeur comment un climat changeant affecte les gens, les plantes et la faune. Notre Réseau croit qu'il est imprudent de ne pas investir maintenant pour garder nos familles et nos communautés en sécurité, surtout quand les solutions sont abordables. Nous travaillons ensemble pour avancer des solutions pour gérer notre pollution par le carbone par l'entremise d'un développement durable et équitable.