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Premier budget de la CAQ : Bonne nouvelle pour l’environnement, un recul pour le transport en commun

Québec, jeudi le 21 mars 2019 – Équiterre réagit positivement au budget de la CAQ, qui alloue 1,6 milliards d’investissements en environnement sur six ans. Bien que certaines mesures en transport soient intéressantes, le recul des investissements en transport en commun est à déplorer.

Investissements additionnels en environnement et poursuite de l’électrification des transports

Le budget 2019-2020 prévoit des investissements de 1,6 milliards sur 6 ans en environnement dont les principaux éléments incluent :

  • 434 millions pour le programme d’incitatifs à l’achat de bornes de recharge et de véhicules électriques pour les deux prochaines années ;
  • 410 millions pour soutenir les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre (GES) ;
  • 320 millions pour décontaminer les sols.

Bien que le maintien du programme Roulez Vert - qui offre des rabais de 8 000 $ à l’achat de véhicules électriques - soit essentiel, Équiterre aurait souhaité que la poursuite du programme se fasse en augmentant les cibles imposées aux manufacturiers automobiles qui sont actuellement beaucoup trop faibles.

« Équiterre salue le maintien du programme Roulez vert, mais nous aurions souhaité que le gouvernement rende simultanément plus contraignante la Norme sur les véhicules zéro émission (VZE) en augmentant les seuils minimaux exigés aux manufacturiers automobiles », mentionne le directeur général et cofondateur d’Équiterre, Sidney Ribaux.

Le budget prévoit aussi la bonification de différents programmes qui aident les entreprises à réduire leurs émissions des GES. Comme le programme Roulez Vert, ces programmes sont financés par le Fonds Vert et ne constituent pas nécessairement de l’argent neuf. C’est par contre le cas des investissements sur les sols contaminés, une mesure importante, notamment pour la revitalisation de l’est de Montréal.

Équiterre tient à souligner l’investissement de 20 millions de dollars alloués à la coopération climatique internationale. À cet égard, le Québec fait figure de chef de file parmi les états fédérés.

Équiterre déçue des mesures budgétaires en transports collectifs

Bien que nous accueillons favorablement les investissements pour le Réseau de transport structurant de Québec, Équiterre déplore que le gouvernement aille de l’avant avec l’expansion du réseau routier, notamment le projet du 3e lien à Québec.

Équiterre est également déçue de voir la part des investissements dédiés au transport en commun dans le Plan Québécois des Infrastructures (PQI) passer de 31 % à 27 %, au profit d’investissements dans le secteur routier. Rappelons que la CAQ s’était engagée à rendre paritaires les investissements en transport en commun avec ceux du volet routier.
Nous accueillons toutefois positivement l’investissement de 16 millions de dollars sur deux ans pour la mobilité active en milieu urbain et 10 millions sur 2 ans en appui au développement de la mobilité partagée.

Des investissements inquiétants dans le gaz naturel

Équiterre s’inquiète des investissements de 47,6 millions prévus pour l’extension du réseau de distribution de gaz naturel, un combustible fossile. 25 millions sont également prévus pour appuyer la mise en place d’une logistique de transport pour le gaz naturel liquéfié sur la Côte-Nord.

L’atteinte des cibles de l’Accord de Paris est incompatible avec le développement de nouvelles infrastructures d’énergies fossiles, comme le gaz naturel.

Alimentation - premier pas vers une cible d’achat local pour les institutions au Québec

Équiterre suivra avec intérêt l’investissement de 10 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser l’accroissement des achats d’aliments québécois dans les institutions publiques.

Cette somme permettra notamment au MAPAQ de réaliser un portrait des approvisionnements actuels en aliments du Québec et d’établir une cible d’achat pour chaque institution au Québec.

À surveiller : « Approche bonifiée» en changements climatiques, Fonds Vert et éco-fiscalité

Nous surveillerons avec intérêt la mise en place de l’ « approche bonifiée » du gouvernement en matière de changements climatiques, ainsi que les changements qui seront apportés à la gouvernance du Fonds Vert.

Enfin, Équiterre aurait souhaité qu’un chantier de réflexion soit lancé sur l’éco-fiscalité. Il s’agit de mesures fiscales visant à encourager ou réprimer des comportements pollueurs en mettant un prix sur la pollution. Équiterre poursuivra ses représentations en ce sens.

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Pour plus d’information et/ou demandes d’entrevues :
Camille Gagné-Raynauld
Relations médias, Équiterre
cgraynauld@equiterre.org
514-605-2000