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Publication du rapport Risquer gros : Comment le soutien financier d’Exportation et développement Canada aux combustibles fossiles contribue aux changements climatiques

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

 


Publication du rapport
Risquer gros : Comment le soutien financier d’Exportation et développement Canada aux combustibles fossiles contribue aux changements climatiques

 

Ottawa, le 22 novembre 2018Un nouveau rapport publié aujourd’hui met au jour l’incohérence qui existe entre les promesses du gouvernement du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques et certaines pratiques d’Exportation et développement Canada (EDC), son agence officielle de crédit à l’exportation, qui contribuent à soutenir l’industrie pétrolière et gazière.

La divulgation ainsi que l’analyse de données relatives aux transactions effectuées par EDC révèlent que l’institution accorde en moyenne plus de 10 milliards de dollars annuellement en soutien financier garanti par le gouvernement aux sociétés pétrolières et gazières. De 2012 à 2017, EDC a alloué au secteur du pétrole et du gaz un soutien financier douze fois supérieur à celui accordé aux technologies propres. Durant les deux premières années du gouvernement de Justin Trudeau, EDC a accordé davantage de soutien financier à l’industrie pétrolière et gazière (22,4 milliards de dollars) qu’au cours des deux dernières années du mandat de son prédécesseur, Stephen Harper (20,9 milliards de dollars).

« Si on souhaite éviter les conséquences les plus dévastatrices du réchauffement planétaire, il faut rapidement dissocier les flux financiers des combustibles fossiles. Or, en ce qui concerne les fonds publics du Canada garantis par le gouvernement, c’est la situation inverse qui prévaut », déclare Alex Doukas, directeur de programmes chez Oil Change International. Ces fonds devraient être investis de façon à offrir des avantages au public et ils sont, au contraire, utilisés pour mettre de l’huile sur le feu qu’est le changement climatique. »

Garanti à même l’argent des contribuables canadiens, le soutien financier accordé par EDC s’avère souvent décisif pour des entreprises de combustibles fossiles et de vastes projets pétroliers et gaziers. En transférant les risques de prêts et d’assurance au gouvernement fédéral, EDC est en mesure d’offrir aux producteurs nationaux de combustibles fossiles des avantages substantiels sur le plan des activités commerciales et de la compétitivité, tout cela en sus des autres subventions qui leur sont accordées aux échelons fédéral et provincial. Bien que le Canada se soit à maintes reprises engagé à éliminer les subventions aux combustibles fossiles, il n’a toujours pas annoncé de stratégie claire en ce sens, qu’il s’agisse de mettre un terme aux subventions budgétaires liées au pétrole et au gaz naturel ou au financement accordé par l’intermédiaire d’Exportation et développement Canada aux combustibles fossiles.

La publication du rapport survient alors que deux processus d’examen des activités d’EDC sont en cours. Le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, a demandé à EDC de revoir en profondeur ses pratiques internes alors que le gouvernement du Canada procède à l’examen de la loi habilitante de l’organisme. En outre, le rapport spécifie comment le Canada pourrait aligner le mandat d’EDC avec les meilleures politiques et les objectifs mondiaux qu’il s’est engagé à atteindre, y compris ceux pris dans le cadre de l’Accord de Paris en matière de changements climatiques.

« Si le Canada veut réellement faire sa juste part pour éviter l’échec climatique, toutes les composantes du gouvernement fédéral doivent poursuivre le même objectif, selon Patrick DeRochie d’Environmental Defence. Le Canada ne peut d’un côté revendiquer un rôle de chef de file dans le dossier climatique tout en versant de l’autre des milliards de dollars en financement aux exploitants de combustibles fossiles pollueurs. »

Du reste, EDC accuse un retard par rapport à ses institutions homologues. En effet, en 2017, le Groupe de la Banque mondiale a établi une nouvelle norme en matière de leadership climatique selon laquelle il cessera de financer les activités en amont de l’industrie pétrolière et gazière après 2019. D’autres banques multilatérales de développement, y compris la Banque africaine de développement et la Banque asiatique de développement, ont complètement exclu le financement d’activités d’exploration pétrolière et gazière depuis déjà quelques années. Tout juste la semaine dernière, on annonçait que la nouvelle loi sur le changement climatique adoptée par l’Espagne pourrait imposer le gel et ultimement l’élimination tant des subventions aux combustibles fossiles que des investissements garantis par le gouvernement qui y sont associés.

Les plus récentes données scientifiques en matière de changement climatique prônent l’abandon à brève échéance des combustibles fossiles. En octobre 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a démontré qu’il nous faut réduire de 45 % en seulement 12 ans les émissions mondiales, et les éliminer complètement en aussi peu que 38 ans pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris afin de nous donner les meilleures chances d’éviter les conséquences catastrophiques du réchauffement planétaire.

Le rapport Risquer gros : Comment le soutien financier d’Exportation et développement Canada aux combustibles fossiles contribue aux changements climatiques a été publié par Oil Change International en partenariat avec l’Institut international du développement durable, Environmental Defence Canada, Équiterre, Above Ground et le Réseau action climat Canada. Il est possible de le consulter à travers ce lien.

Il est également possible de consulter le document Questions & Réponses sur le sujet par Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales d'Équiterre.

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RENSEIGNEMENTS :

Camille Gagné-Raynauld, Relations médias, Équiterre, cgraynauld@equiterre.org, 514-605-2000

Adam Scott, adam@priceofoil.org, +44 07709 949908

Alex Doukas, alex@priceofoil.org, +1 202 817 0357

Notes :

  • EDC est une institution bénéficiant de la garantie du gouvernement fédéral qui a été créée afin de « soutenir et développer le commerce extérieur du Canada en aidant les entreprises canadiennes à profiter des débouchés offerts sur le marché international », et dont les transactions financières sont garanties par l’engagement de courtoisie internationale réciproque du gouvernement du Canada.
     
  • Tous les dix ans, le ministre du Commerce international doit entreprendre, en vertu de la Loi sur le développement des exportations, l’examen du mandat et des pratiques d’EDC en consultation avec le ministre des Finances. Qui plus est, le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, a exigé d’EDC qu’elle examine en profondeur ses processus d’évaluation continue du risque et de contrôle préalable des transactions.


Oil Change International est une organisation de recherche, de communications et de défense qui se consacre à révéler les coûts véritables des combustibles fossiles et à faciliter l’éventuelle transition vers les énergies propres.