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La crise des pesticides au Québec : à quand la transparence?

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Une crise sans précédent ébranle le monde de l’agriculture et de la recherche publique en agronomie. Une situation contre laquelle Équiterre lutte depuis de nombreuses années et qui doit cesser.

Nous apprenions récemment :

  • Que le ministère de l'Agriculture des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) avait omis de publier des études du Centre de recherche sur les grains (CEROM), menées sur des champs dans tout le Québec, « démontrant que les gains de rendement pour les producteurs de maïs qui utilisent des néonicotinoïdes sont seulement de 0,5 % et sont même nuls pour les producteurs de soya », alors même que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) étudiait sa nouvelle règlementation sur les pesticides
  • Que le MAPAQ a beaucoup de difficulté à avoir accès à l’information au CEROM et est tenu à l’écart des grandes décisions concernant la recherche sur les pesticides
  • Que le conseil d’administration du CEROM était dominé par le privé et l’industrie, des acteurs souvent en position de conflits d’intérêts : producteurs de grains, fournisseurs de pesticides et de semences, etc.
  • Que des membres de la direction et du conseil d’administration du CEROM faisaient pression sur la diffusion et l’interprétation des résultats des projets de recherche
  • Que la plupart des agronomes qui peuvent prescrire des pesticides ont des liens avec l’industrie
  • La grande présence et influence de l’industrie à toutes les étapes entourant l’encadrement et l’utilisation des pesticides
  • Qu’au fédéral, Santé Canada admet autoriser les pesticides en se basant surtout sur les études des fabricants (lire l’enquête de Thomas Gerbet).

Rappelons que le MAPAQ finance ces recherches avec de l’argent public, et se doit ainsi d’être transparent dans la diffusion des résultats.

Ces révélations ont donné lieu à une rare sortie publique d’éminents chercheurs et professeurs, qui réclament des fonds afin d’assurer des recherches indépendantes sur les pesticides (lire la lettre ouverte « Pour un fonds de recherche indépendant sur les pesticides » publiée dans Le Devoir du samedi 12 mars 2018).

ÉQUITERRE AGIT

Équiterre a demandé dans une lettre envoyée directement au premier ministre Couillard :

  1. D’augmenter substantiellement et de transférer immédiatement du MAPAQ à un autre ministère la gestion des fonds visant à financer la recherche sur les pesticides.
  2. De cesser de financer des recherches qui ne sont pas indépendantes.
  3. De suspendre immédiatement le financement du CEROM et de rediriger ces fonds au bénéfice de chercheurs, instituts de recherche ou organismes indépendants de l’industrie et sans conflit d’intérêt.
  4. De mener une enquête publique sur le financement gouvernemental de la recherche dans le domaine agricole et la non-publication d’études par le MAPAQ sur les néonicotinoïdes au moment même où le gouvernement étudiait un projet de règlement pour interdire ces substances.

Équiterre attend toujours la réponse du premier ministre. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de cet enjeu. À court terme, consultez notre texte à ce sujet pour obtenir toute l’information sur ce dossier (lire « Équiterre réagit aux révélations sur le financement dans la recherche sur les pesticides »).

Au niveau fédéral, la situation revêt la même opacité. Vous pouvez également demander à la ministre de la Santé fédérale d’interdire tous les pesticides « néonics », jugés inefficaces dans la grande majorité des cas.

AIDE-MÉMOIRE
Qui légifère sur la question des pesticides?
Distinctions entre le fédéral, le provincial et le municipal

Le fédéral homologue les pesticides, en évalue les risque et en autorise la vente et l'usage sur le territoire canadien. Les provinces, pour leur part, peuvent interdire la vente et l'usage de pesticides qui ont été homologués par le fédéral sur leur territoire. Enfin, les municipalités ont le droit d'interdire l'usage mais non la vente de pesticides sur leur territoire.