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Les effets des pesticides sur la santé humaine

Les pesticides voyagent très loin et certains d'entre eux persistent longtemps dans l'environnement. Se retrouvant présents sous différentes formes autour de nous (air extérieur et intérieur, eaux souterraines et de surface, sols, denrées alimentaires et eau potable), les pesticides peuvent également avoir des impacts sur la santé humaine, en nous exposant de manière chronique à de nombreuses substances au cours de notre vie. Ces mélanges de pesticides donnent par ailleurs lieu à des impacts sanitaires difficilement prévisibles, ce qui devrait en faire l’un des enjeux importants de la recherche et de l’évaluation des dangers.

Cependant, un nombre grandissant d’études établit des liens entre exposition aux pesticides et certaines maladies chez l’humain.et justifient une approche préventive pour réduire notre exposition aux pesticides. 

En s’appuyant sur plusieurs études scientifiques, publiées entre 2003 et 2012, la Société canadienne du cancer a énuméré quelques conseils qui permettent aux consommateurs de réduire leur exposition aux pesticides.

1. Impacts chez les professionnels de l'agriculture

En juin 2013, l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale français) a publié un bilan de la littérature scientifique internationale sur les risques sanitaires engendrés par l’exposition aux pesticides, plus particulièrement chez les fermiers. Il s’agit de l’enquête la plus complète réalisée à ce jour sur l’impact des pesticides chez l’humain.

Cette revue de littérature tend à indiquer que les personnes exposées aux pesticides sont plus à risque de développer certaines maladies telles que le cancer de la prostate, les cancers hématopoïétiques (composition du sang), la maladie de Parkinson et les leucémies.

Selon une autre méta-analyse parue en janvier 2015 dans le réputé journal Environmental Science and Pollution Research, la plus imposante revue de littérature scientifique menée à ce jour sur les impacts des pesticides néonicotinoïdes (« néonics ») qui tuent les abeilles, recensant plus de 1 000 articles scientifiques revus par des pairs et conduite par 50 chercheurs internationaux du Task Force on Systemic Pesticides, les abeilles ne sont pas les seules victimes. Les « néonics » pourraient également affecter le cerveau humain et le système nerveux. Certains néonics sont également reconnus comme pouvant potentiellement perturber le système hormonal et causer des effets néfastes sur la reproduction. Consultez notre section destinée aux pesticides très utilisés actuellement, dont les pesticides néonicotinoïdes.

2. Autres populations à risque

Par ailleurs, l’étude française de l’Inserm met également en relief la vulnérabilité des femmes enceintes et des jeunes enfants. Elle fait état de liens entre l'exposition prénatale aux pesticides et le développement de l'enfant, à court et moyen terme. On constate plus de cas de leucémie chez les enfants dont les mères ont vécu, pendant leur grossesse, à proximité d’une exploitation agricole. Certains pesticides utilisés dans les jardins privés ou dans l’entretien des maisons (traitements anti-termites, aérosols, etc.) auraient également des effets néfastes sur le développement du fœtus.

Parmi les affections liées à la proximité des pesticides connues et établies scientifiquement, il y a les atteintes au foie, aux systèmes nerveux et respiratoire, autant chez l'humain que chez l'animal. Et la liste s'allonge chaque année : leucémie infantile, troubles d'apprentissage, hypersensibilité, cancers du sein et de la prostate, infertilité, etc.(1) Par ailleurs, certains pesticides chimiques utilisés à des fins esthétiques sont interdits par le Code de gestion des pesticides du Québec.

Lors de l'épandage, certains pesticides sont absorbés par la peau, avalés ou respirés. Les enfants demeurent les plus sensibles à cette contamination, leur système immunitaire ne leur permettant pas de se défendre aussi efficacement que les adultes. Des études avancent que l'exposition à des composés neurotoxiques, présents dans certains pesticides, serait liée à différents types de cancers, notamment le cancer du cerveau chez l'enfant.
 

En conclusion

Au sujet des pesticides, il est possible que nous ne voyions actuellement que la pointe de l’iceberg. La prudence s’impose encore en raison des nombreuses incertitudes qui persistent. D’ailleurs, des pesticides utilisés à grande échelle il y a quelques années font maintenant l’objet de restrictions sévères en raison de leurs effets nocifs sur la santé des agriculteurs et des consommateurs.

Ainsi, en considérant les données disponibles, les nombreuses incertitudes ainsi que les particularités des groupes vulnérables (femmes enceintes et jeunes enfants), il y a suffisamment d’éléments pour justifier l’application du principe de précaution dans l’utilisation des pesticides.

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(1) En Europe, 92 substances actives pesticides sont classées cancérigènes possibles ou probables soit par l'UE ou l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis (US-EPA). Voir IEW et MDRGF, « Dangerosité des matières actives et des spécialités commerciales phytosanitaires autorisées dans l'Union européenne et en France », 5 mai 2004