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Des experts réunis pour trouver des alternatives aux pesticides

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Le 21 avril dernier, Équiterre et ses partenaires organisaient à Montréal un symposium sur les alternatives aux insecticides systémiques - particulièrement les néonicotinoïdes -, et présentaient une mise jour des résultats de la littérature scientifique parue depuis deux ans. Le tout se déroulait à l’aube d’une révision en profondeur de l’encadrement des pesticides au Québec par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Une soixantaine de personnes provenant d’horizons divers étaient présentes : milieu municipal, gouvernemental, de la recherche, de l’agriculture, groupes de la société civile, etc.

Isabelle St-Germain, directrice générale adjointe d’Équiterre, se réjouissait en ouverture de l’évènement : « Il y a peu de temps, très peu de groupes se souciaient du problème des pesticides. Équiterre a joué un rôle de précurseur en rassemblant des scientifiques, des médecins et des représentants gouvernementaux, pour appuyer fortement sur la place publique des politiques progressistes en matière de réduction des pesticides ». Équiterre compte intervenir dans le cadre de la commission parlementaire qui mènera à cette refonte de la Loi sur les pesticides

Cet évènement soulignait aussi la première venue en Amérique du Nord de membres clés du Groupe de travail sur les pesticides systémiques (Task Force on Systemic Pesticides), auteur de la plus importante revue de littérature - avec plus de 1 120 études analysées - sur les effets des insecticides systémiques sur les abeilles, les autres invertébrés et vertébrés et l’écosystème en général. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée mondiale de membres du Groupe de travail sur les pesticides systémiques, visant à discuter de la mise en application de la lutte intégrée comme alternative à l’usage massif de certains pesticides, plus particulièrement les insecticides de la classe des néonicotinoïdes.

Naissance d’un groupe de travail unique et de la plus grande revue de littérature sur les pesticides

En juillet 2009, un groupe de scientifiques européens se rencontre en France, à la suite d’une enquête internationale sur le déclin catastrophique des insectes partout en Europe. Ils constatent une baisse progressive des insectes, avec l’appauvrissement général de l’environnement naturel, depuis les années 1950. Parmi les causes profondes de ce déclin, ils identifient l’intensification de l’agriculture et la perte d’habitats naturels, l’utilisation massive de pesticides et d’herbicides, l’augmentation croissante du nombre de routes et de la circulation automobile, ainsi que la pollution lumineuse nocturne à l’échelle continentale et les changements climatiques.

Suite à l’analyse de différentes données, ils découvrent également une nouvelle dégradation de la situation, avec une baisse plus marquée des populations d’insectes dans la décennie 1990-2000. L’effondrement massif de ces différentes espèces coïncide également avec le déclin sévère de différentes espèces d’oiseaux insectivores, comme les hirondelles et les étourneaux. Sans privilégier aucune hypothèse et sur la base d’études existantes, de nombreuses observations terrain et de preuves circonstancielles accablantes, ils arrivent à l’hypothèse qu’une nouvelle génération de pesticides - les néonicotinoïdes - persistants, systémiques et neurotoxiques, et le fipronil, introduits au début des années 1990, étaient susceptibles d’être responsables, du moins en partie, de ces baisses.

En réponse, un groupe de travail international sur les pesticides systémiques formé de scientifiques indépendants voit le jour. Après 5 ans de travail, le groupe publie une revue de littérature en juin 2014, après avoir analysé 1 121 études publiées dans des revues examinées par les pairs (Peer Review) couvrant les cinq dernières années, y compris les études financées par l’industrie.

Leur analyse met en lumière un risque élevé d’impacts négatifs, non seulement pour la santé des abeilles, mais également pour un grand nombre d’espèces utiles, dont les papillons, les vers de terre et les oiseaux, en plus d’affecter une grande diversité d’invertébrés, en contaminant les sols, la végétation, les eaux souterraines et de surface et les habitats aquatiques et marins. Leur conclusion est sans équivoque : « …il existe suffisamment de preuves évidentes des préjudices pour mettre en route des mesures réglementaires ».

Les effets sur les humains 

De nouveaux résultats provenant de récentes analyses menées au Japon montrent que des effets sur les humains, tels que tremblements des doigts et des mains, pertes de la mémoire à court terme, maux de tête, fatigue généralisée, douleurs au niveau de la poitrine, palpitations, douleurs abdominales, spasmes, douleurs et faiblesse musculaires étaient liés à la présence de néonicotinoïdes dans l’urine des personnes exposées à cet insecticide. Ces symptômes ont continué durant plusieurs jours jusqu’à plusieurs mois après avoir cessé la consommation de produits contaminés.

Consultez toutes les actions entreprises par Équiterre et ses partenaires dans la lutte aux pesticides ces dernières années. Entre autres, une pétition pour bannir l’atrazine, un pesticide nocif interdit en Europe depuis plus de dix ans et toujours utilisé au Canada, est en cours...