Skip to Content

Équiterre à la COP24 : Priorités, attentes et rôles

cop24-448x216.jpg

En tant qu’organisme environnemental le plus influent au Québec, Équiterre a participé aux conférences des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC), les rencontres formelles de ses parties (Conférence des parties – COP), depuis la première qui s’est tenue en 1995.

L’édition de cette année, la 24e Conférence des parties (COP24), se déroulera à Katowice, en Pologne, du 2 au 14 décembre. Annie Bérubé, notre directrice des relations gouvernementales, et Sidney Ribaux, notre directeur général, seront du nombre des 25 000 participants qui s’efforceront de convaincre nos gouvernements d’adopter conjointement d’ambitieuses et efficaces mesures dans le but de maintenir le réchauffement de notre planète à moins de 1,5 °C.

Pourquoi cette COP est-elle si importante?

Trois ans après la COP qui a ouvert la voie à l’Accord de Paris, ayant scellé l’engagement des gouvernements à tendre vers une limitation du réchauffement à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, le plus récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé que les engagements actuels des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à réduire les émissions de gaz à effet de serre sont loin d’être suffisamment ambitieux pour atteindre cet objectif. La COP24 représente une occasion politique cruciale pour les parties à la CCNUCC de faire part de leur engagement collectif envers l’action climatique et d’affirmer leur intention de contenir le réchauffement planétaire à 1,5 °C. L’année 2018 est également décisive puisque les parties devront finaliser toutes les règles de la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020.

Pourquoi nous faut-il limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C?

La température sur notre planète est supérieure de 1 °C par rapport à ce qu’elle était à l’époque précédant la révolution industrielle. L’industrialisation à grande échelle a marqué le début de l’accroissement substantiel des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport du GIEC explique que, bien qu’une hausse additionnelle de 0,5 °C augmentera les répercussions et les pertes généralisées, la limitation du réchauffement à 1,5 °C au lieu de 2 °C contribuera grandement à réduire les risques concernant les écarts extrêmes de température, les disparitions d’espèces, la rareté de l’eau, les pénuries alimentaires, les décès attribuables à la chaleur, la hausse du niveau des océans, et ainsi de suite. Le tableau suivant de Greenpeace International résume les différences.

 Source : Greenpeace International

Qu’attendons-nous du gouvernement du Québec?

Le Québec a exercé un rôle de leadership aux COP passées et est considéré comme un modèle pour les acteurs infranationaux qui participent à la CCNUCC. Nous souhaitons que le Québec :

  • prenne part au dialogue de Talanoa;
  • présente un plan d’action climatique ambitieux pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris à l’échelon de la province;
  • soutienne financièrement l’adaptation aux changements climatiques dans les pays de la francophonie.

Qu’attendons-nous du gouvernement du Canada?

Le Canada doit faire preuve de leadership au pays et sur la scène internationale. D’une part, la cible actuelle de réduction des émissions de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 établie par le Canada est nettement insuffisante pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, et d’autre part, le pays n’est pas sur la voie de le réaliser.

  • S’appuyant sur le bilan mondial, le Canada expliquera les mesures prises à ce jour pour atténuer les changements climatiques.
  • Le Canada participera au dialogue de Talanoa, dont l’objectif est de stimuler la volonté de parcourir le chemin nécessaire afin de nous rendre là où il faut pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.
  • Le Canada prendra part à la finalisation du livre de règlements de Paris afin d’assurer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020.
  • Le Canada se mêlera aux discussions au sujet d’une transition équitable vers un avenir misant sur les énergies propres.
  • Le Canada abordera son engagement à l’égard du financement des mesures d’atténuation des changements climatiques pour les collectivités les plus durement touchées par ces phénomènes.

Quel est le rôle d’Équiterre à la COP?

Nous avons plusieurs objectifs :

  • Il est essentiel que les Québécois et les Canadiens soient informés au sujet des progrès réalisés par les parties dans la détermination de l’avenir de notre planète. Équiterre assiste à la COP24 pour rendre compte de ce qui s’y produit et sert de ressource pour les médias du Québec et du Canada.
  • Équiterre est l’un des rares groupes environnementaux canadiens qui ont accès aux négociations. Par conséquent, nous les suivrons de près et ferons rapport à nos collègues canadiens d’autres organisations.
  • Comptant une délégation nombreuse du Canada et du Québec, la COP24 est un événement privilégié qui nous permettra de rencontrer des représentants gouvernementaux et nos collègues d’autres organismes dans le but de faire avancer les choses.

Qu’est-ce qui déterminera le succès ou l’échec de cette COP?

  • Le livre de règlements de Paris doit être finalisé de façon à pouvoir amorcer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020 comme prévu.
  • Les parties doivent accroître leurs visées en ce qui a trait à leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) relativement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à un point qui permettra de limiter le réchauffement à 1,5 °C.
  • Les parties doivent établir un consensus avec les engagements nationaux à l’égard du financement des mesures d’atténuation des changements climatiques pour les collectivités les plus durement touchées par ces phénomènes.

Suivez Équiterre à la COP24 sur Facebook, Twitter et Instagram pour vous informer des plus récentes mises à jour.