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Équiterre à la COP24 : Priorités, attentes et rôles

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En tant qu’organisme environnemental le plus influent au Québec, Équiterre a participé aux conférences des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC), les rencontres formelles de ses parties (Conférence des parties – COP), depuis la première qui s’est tenue en 1995.

L’édition de cette année, la 24e Conférence des parties (COP24), s'est déroulée à Katowice, en Pologne, du 2 au 14 décembre. Annie Bérubé, notre directrice des relations gouvernementales, et Sidney Ribaux, notre directeur général, étaient du nombre des 25 000 participants qui se sont efforcés de convaincre nos gouvernements d’adopter conjointement d’ambitieuses et efficaces mesures dans le but de maintenir le réchauffement de notre planète à moins de 1,5 °C.

*À l'heure d'écrire ces lignes, les accords finaux n'étaient pas encore conclus. Surveillez nos réseaux sociaux dès le 16 décembre pour toutes nos réactions.*

 

NOTRE COUVERTURE DE LA COP 24

DÉVELOPPEMENTS CLÉs À DATE

  • La ministre McKenna a reconnu qu '« en 2020, tout le monde doit revenir et être plus ambitieux » afin de respecter l'Accord de Paris.
  • Le Canada est parmi les 48 pays à avoir souscrit à la Déclaration de Silésie pour une transition juste et solidaire sur la nécessité d'emplois décents et de qualité dans la prochaine économie sobre en carbone.
  • Les négociateurs canadiens ont apporté des contributions constructives aux efforts mondiaux visant à produire un projet de règlement pour l'Accord de Paris (le « manuel d’utilisation » pour sa mise en oeuvre) et ont joué un rôle de référence et de leader pour bien des questions de procédure et de bon déroulement;
  • Le Canada a signé la déclaration sur la mobilité électrique soumise à Katowice;
  • Les Parties sous l’Accord de Paris ont appuyé la mise en oeuvre d’une plateforme pour les peuples autochtones et les communautés locales;
  • Le Groupe de la Banque Mondiale annonçait qu’elle doublerait son financement climatique à compter de 2020.

DE PLUS EN PLUS DE FEMMES DANS LES NÉGOCIATIONS CLIMATIQUES

  • Le nombre de femme dans les négociations climatiques atteint presque 40 %.
  • Le Canada a notamment financé la formation de négociatrices climatiques de plusieurs pays, qui encourage une diversité de voix aux tables de négociation.
  • « En ce qui concerne la représentation hommes-femmes au sein même de la conférence, le secrétariat de la CCNUCC surveille depuis 2013 l'équilibre entre les sexes dans les organes techniques et décisionnels créés en vertu de la Convention. Pour la première fois cette année, plus de la moitié de ces organes ont une représentation féminine de 38% ou plus. En outre, il existe un nombre record de femmes déléguées élues à la présidence ou à la coprésidence de ces organes - neuf sur 28 postes possibles. Bien que ces améliorations représentent des pas dans la bonne direction pour atteindre l’objectif de la parité hommes-femmes, il reste encore beaucoup à faire. » (traduction libre) tiré du site de l'ONU.
Annie Bérubé en compagnie la grande dame de l’ONU, la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Madame Patricia Espinosa, qui appuie notamment les femmes dans les délégations COP24. Sidney Ribaux en entrevue avec le journaliste de correspondant de Radio-Canada à la COP24, Etienne Leblanc. Écoutez Sidney en entrevue ici.

 

*Ci-dessous, l'article publié par Équiterre avant le début de la COP24 au 30 novembre 2018.

Pourquoi cette COP est-elle si importante?

Trois ans après la COP qui a ouvert la voie à l’Accord de Paris, ayant scellé l’engagement des gouvernements à tendre vers une limitation du réchauffement à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, le plus récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé que les engagements actuels des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à réduire les émissions de gaz à effet de serre sont loin d’être suffisamment ambitieux pour atteindre cet objectif. La COP24 représente une occasion politique cruciale pour les parties à la CCNUCC de faire part de leur engagement collectif envers l’action climatique et d’affirmer leur intention de contenir le réchauffement planétaire à 1,5 °C. L’année 2018 est également décisive puisque les parties devront finaliser toutes les règles de la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020.

Pourquoi nous faut-il limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C?

La température sur notre planète est supérieure de 1 °C par rapport à ce qu’elle était à l’époque précédant la révolution industrielle. L’industrialisation à grande échelle a marqué le début de l’accroissement substantiel des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport du GIEC explique que, bien qu’une hausse additionnelle de 0,5 °C augmentera les répercussions et les pertes généralisées, la limitation du réchauffement à 1,5 °C au lieu de 2 °C contribuera grandement à réduire les risques concernant les écarts extrêmes de température, les disparitions d’espèces, la rareté de l’eau, les pénuries alimentaires, les décès attribuables à la chaleur, la hausse du niveau des océans, et ainsi de suite. Le tableau suivant de Greenpeace International résume les différences.

 Source : Greenpeace International

Qu’attendons-nous du gouvernement du Québec?

Le Québec a exercé un rôle de leadership aux COP passées et est considéré comme un modèle pour les acteurs infranationaux qui participent à la CCNUCC. Nous souhaitons que le Québec :

  • prenne part au dialogue de Talanoa;
  • présente un plan d’action climatique ambitieux pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris à l’échelon de la province;
  • soutienne financièrement l’adaptation aux changements climatiques dans les pays de la francophonie.

Qu’attendons-nous du gouvernement du Canada?

Le Canada doit faire preuve de leadership au pays et sur la scène internationale. D’une part, la cible actuelle de réduction des émissions de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 établie par le Canada est nettement insuffisante pour atteindre l’objectif de 1,5 °C, et d’autre part, le pays n’est pas sur la voie de le réaliser.

  • S’appuyant sur le bilan mondial, le Canada expliquera les mesures prises à ce jour pour atténuer les changements climatiques.
  • Le Canada participera au dialogue de Talanoa, dont l’objectif est de stimuler la volonté de parcourir le chemin nécessaire afin de nous rendre là où il faut pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.
  • Le Canada prendra part à la finalisation du livre de règlements de Paris afin d’assurer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020.
  • Le Canada se mêlera aux discussions au sujet d’une transition équitable vers un avenir misant sur les énergies propres.
  • Le Canada abordera son engagement à l’égard du financement des mesures d’atténuation des changements climatiques pour les collectivités les plus durement touchées par ces phénomènes.

Quel est le rôle d’Équiterre à la COP?

Nous avons plusieurs objectifs :

  • Il est essentiel que les Québécois et les Canadiens soient informés au sujet des progrès réalisés par les parties dans la détermination de l’avenir de notre planète. Équiterre assiste à la COP24 pour rendre compte de ce qui s’y produit et sert de ressource pour les médias du Québec et du Canada.
  • Équiterre est l’un des rares groupes environnementaux canadiens qui ont accès aux négociations. Par conséquent, nous les suivrons de près et ferons rapport à nos collègues canadiens d’autres organisations.
  • Comptant une délégation nombreuse du Canada et du Québec, la COP24 est un événement privilégié qui nous permettra de rencontrer des représentants gouvernementaux et nos collègues d’autres organismes dans le but de faire avancer les choses.

Qu’est-ce qui déterminera le succès ou l’échec de cette COP?

  • Le livre de règlements de Paris doit être finalisé de façon à pouvoir amorcer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en 2020 comme prévu.
  • Les parties doivent accroître leurs visées en ce qui a trait à leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) relativement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à un point qui permettra de limiter le réchauffement à 1,5 °C.
  • Les parties doivent établir un consensus avec les engagements nationaux à l’égard du financement des mesures d’atténuation des changements climatiques pour les collectivités les plus durement touchées par ces phénomènes.

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