Skip to Content

Bali : Le Canada isolé se rallie à la 11e heure - Les écologistes réservent un accueil mitigé à la « feuille de route de Bali »

15 décembre 2007, Bali, Indonésie – Les Nations unies se sont entendues aujourd'hui sur une « feuille de route de Bali » qui lance les négociations sur une deuxième phase du Protocole de Kyoto pour l'après-2012. Ces négociations seront guidées par les analyses scientifiques des réductions de gaz à effet de serre nécessaires pour éviter les changements climatiques dangereux.

D'importants pays en développement ont signifié leur volonté à prendre de nouveaux engagements pendant la conférence onusienne, qui a duré deux semaines. Le Canada, cependant, de concert avec les États-Unis, s'est opposé à des éléments centraux de la feuille de route de Bali presque tout au long de la conférence. Par conséquent, certaines sections de l'entente sont trop vagues pour garantir le succès de la prochaine ronde de négociations, qui doivent prendre fin en 2009.

« La planète a fait un pas en avant à Bali aujourd'hui, mais nous avons manqué une occasion de faire beaucoup plus », affirme Steven Guilbeault d'Équiterre. « La bonne nouvelle, c'est que l'entente de Bali exige des pays industrialisés qu'ils réduisent leurs émissions de GES de 25 à 40% sous les niveaux de 1990 d'ici 2020, et qu'ils négocient la prochaine phase de Kyoto sur cette base ».

Le Canada a commencé la dernière séance de négociations en s'opposant à cette fourchette de réductions d'émissions. Mais se trouvant isolé, il n'a finalement pas bloqué le consensus.

« Le Canada s'est opposé à des éléments clés de cette entente presque tout au long de la conférence de Bali, et il a été isolé par les autres pays lors du segment ministériel pour son attitude d'obstruction », a souligné David Marshall de la Fondation David Suzuki. « Finalement, le gouvernement a répondu à la pression populaire et a permis la conclusion de cette entente ».

La première phase du Protocole de Kyoto prend fin en 2012, et l'entente d'aujourd'hui lance un processus de négociations de deux ans pour un « Kyoto 2 » après 2012. En plus d'établir la fourchette de réductions nécessaires pour les pays industrialisés, la feuille de route de Bali contient des engagements pour négocier des actions de limitation des émissions pour les pays émergents, des ententes de financement pour l'adaptation et pour les transferts technologiques propres, ainsi qu'une entente pour combattre la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement.

« C'est maintenant que débute le vrai travail », affirme Matthew Bramley de l'Institut Pembina. « Les objectifs et les politiques du gouvernement du Canada sont très loin de rencontrer les standards fixés ici à Bali. Le gouvernement fédéral doit décupler ses efforts dans la lutte aux changements climatiques pour s'assurer que le Canada joue un rôle responsable dans la prochaine ronde de négociations ».

« Le Canada est arrivé à Bali en exigeant des engagements injustifiables de la part des pays en voie de développement. Il en a été vivement critiqué », rappelle Emilie Moorhouse du Sierra Club du Canada. « Finalement, le seul pont qu'a construit le Canada à Bali menait tout droit aux États-Unis ».

« L'entente pour combattre la déforestation et la dégradation des forêts est un résultat important de cette rencontre », souligne Chris Henschel de la Société pour la nature et les parcs du Canada. « Protéger le carbone stocké dans les forêts et les autres écosystèmes est un complément essentiel à la réduction des émissions provenant des énergies fossiles ».

-30-

Contacts:
Jean-Francois Nolet, Équiterre, +62-81-338-969139
Dale Marshall, Fondation David Suzuki, 613-302-9913
Matthew Bramley, Institut Pembina, +62-81-338-969113
Emilie Moorhouse, Sierra Club du Canada, +62-81-338-969125
Claire Stockwell, Greenpeace, +62-81-337-949709