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Une étude révèle les impacts négatifs des pesticides sur la santé

Montréal, 5 février 2013 – La Dre Margaret Sanborn présentait aujourd’hui à Montréal les résultats d’une importante revue de littérature sur les effets des pesticides sur la santé humaine publiée par le Collège des médecins de famille de l’Ontario. De nombreux médecins et scientifiques étaient présents en réponse à l’invitation du Collège québécois des médecins de famille (CQMF), de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) et d’Équiterre. Après avoir examiné 142 études, cette revue fait état des liens entre l’exposition aux pesticides et diverses maladies neurologiques et respiratoires, de même que des problèmes du système reproducteur. Elle met également en lumière la vulnérabilité particulière des enfants à l’exposition aux pesticides, notamment durant la grossesse.

« Notre revue conclut que les foetus qui sont exposés dans les 12 premières semaines de grossesse et les enfants qui sont exposés au cours de la première année de vie sont ceux qui courent le plus de risques de développer des problèmes de santé » a affirmé la Dre Sanborn, coauteure de l’étude.

À la lumière de cette étude, le CQMF, l’ACME et Équiterre recommandent fortement d’éliminer toute exposition de la population – et spécialement des enfants – aux pesticides utilisés à des fins esthétiques. Le gouvernement du Québec a actuellement une rare occasion : le Code de gestion des pesticides, qui encadre l’usage des pesticides à des fins esthétiques, est en révision. Le Québec faisait figure de pionnier en 2003 en adoptant son Code de gestion des pesticides, qui interdit la vente et l’usage de 20 ingrédients actifs entrant dans la composition de pesticides destinés aux pelouses et qui ne permet qu’une liste restreinte de pesticides sur les endroits fréquentés par les enfants. Or, certaines provinces canadiennes ont depuis dépassé le Québec.

« L’Ontario et la Nouvelle-Écosse ont banni l’usage de tous les pesticides de synthèse à des fins esthétiques. Québec doit renforcer sa règlementation de manière à assurer une protection pour la santé et l’environnement qui soit au moins équivalente aux meilleures politiques en vigueur actuellement au pays », indique Isabelle St-Germain, directrice générale adjointe d’Équiterre. « Par exemple, l’usage de l’insecticide pyréthrine est actuellement permis au Québec, en dépit du fait qu’il est considéré comme cancérigène possible chez l’humain par le gouvernement du Québec. Or, l’usage de cet insecticide à des fins esthétiques est interdit en Ontario », ajoute Nadine Bachand, chargée de projet chez Équiterre.

Le Code de gestion des pesticides du Québec actuel permet seulement l’usage de pesticides considérés les moins susceptibles de présenter un effet toxique quelconque sur les lieux fréquentés par les enfants, ce qui constitue le meilleur modèle d’interdiction. Le nouveau Code devra maintenir cette interdiction et continuer de protéger la santé des enfants dans les lieux fréquentés par ceux-ci. « Étant donné la plus grande vulnérabilité des enfants, il doit y avoir une tolérance zéro pour tout pesticide à usage esthétique et les pratiques écologiques doivent être priorisées pour le contrôle des insectes et plantes menaçant la santé ou la sécurité publique sur les lieux fréquentés par les enfants » affirme Dr Jean Zigby, président du comité santé et environnement du CQMF et président de l’ACME.

« Alors qu’il révise son Code de gestion des pesticides, le Québec doit saisir cette occasion et s’inspirer des meilleurs modèles en vigueur ailleurs afin de reprendre sa position de chef de file en matière de prise de décision fondée sur la protection de la santé et de l’environnement lorsqu’il est question d’encadrement des pesticides utilisés à des fins esthétiques », conclut Nadine Bachand.

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Informations :
Loïc Dehoux, Équiterre
514 605 2000